L'atelier des miracles
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L'atelier des miracles

Parution 
09/01/2013

Les Avis

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Vous avez dit "sentimentale" pas si évident...
Ce roman choral à trois voix est une histoire contemporaine addictive. Les protagonistes issus de milieux divers et de sensibilités différentes sont tous trois des écorchés de la vie dont les destins chaotiques vont se croiser au cœur de l'atelier des miracles. Je vous conseille ce livre à l'écriture fluide et vivante, parce qu'en plus d'être une histoire qui tend légèrement vers le sentimentalisme, il interpelle le lecteur sur la sincérité de l'altruisme.
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Une belle histoire
La lecture est simple, on est tout de suite entrainé dans l'histoire et son déroulement. On commence pris dans la magie de cet atelier et la bonté des personnages et comme eux on est entrainé dans le réalisme de la vie. Je ne m'attendais pas a cette fin qui somme toute est assez réussie.
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Espoir
L'atelier des miracles est le deuxième roman que je lis de Valérie Tong Cuong. Une nouvelle fois, je me plonge dans son univers, celui de l'Homme : un monde où les personnages ont la part belle dans l'histoire, et non l'inverse, où les héros sont comme vous et moi, imparfaits mais tellement touchants. On y rencontre Millie, jeune intérimaire qui a échappé à un incendie en faisant le saut de l'ange, Mariette, professeur d'histoire-géographie sans histoire qui, un jour, en arrive à gifler un de ses élèves, et Monsieur Mike, SDF et déserteur, qui s'est fait tabasser par un autre SDF. Trois personnages qui sont des écorchés vifs... Tous ont connu des moments difficiles, ayant eu un impact sur leurs caractères et leurs vies. Tous victimes du rouleau compresseur qu'est leur existence. Je ne vous en dirai pas plus, ni sur leurs passifs, ni sur les épreuves qu'ils devront affronter, ne souhaitant pas gâcher votre lecture ! Mais tout change lorsqu'ils rencontrent Jean, et son atelier des miracles. Jean va les écouter, les considérer comme de vraies personnes, ce que personne n'avait fait auparavant. Ainsi, être reconnu et entendu va leur redonner consistance, premier déclic vers un changement de vie. On va suivre leur évolution, leurs prises de conscience, leur affirmation. Indéniablement, tout au long du roman, le fil conducteur reste Jean. Un être d'exception ? Un ange ? Un nombriliste ? Un homme en manque de reconnaissance ou juste un bienfaiteur ? Tout simplement un être humain ? Comme je le disais, Valérie Tong Cuong nous a fait découvrir trois individus, avec leurs défauts mais surtout leurs qualités : rien n'est exagéré ni mielleux. Jean, quant à lui, tient une place à part, la place du père, à la fois attentif, à l'écoute, sévère et généreux, père fouettard si nécessaire. Grande question du livre : qui aide vraiment qui ? Jean ou inversement nos trois héros ? Autre point, l'importance du dialogue, de l'échange, de la communication... Je parle, je parle, mais à aucun moment je ne vous ai donné mes impressions ! J'ai adoré ! Oui, je suis fan de Valérie Tong Cuong ! Car comment résister à ses romans ? Je suis rarement touché par des histoires, plus par des personnages : j'ai fini " l'atelier des miracles " mais ils me suivent encore, de la même manière que dans " l'ardoise magique ". Ils sont devenus des compagnons de vie, me distillant leurs conseils pour appréhender les difficultés. " L'atelier des miracles " nous prouve une fois de plus que chaque être humain a la force de s'en sortir par lui-même : l'aide est toujours bonne à prendre ou à donner, mais si on ne décide pas soi-même de changer, jamais on ne changera ! Je tiens juste à préciser que j'ai préféré " L'ardoise magique ". Cela vient peut-être de la surprise de la découverte, ou bien juste d'une attente trop forte de la part de " l'atelier des miracles ". Ce dernier reste une magnifique leçon de vie, un pur moment de plaisir, un livre qui me donne envie de lire davantage.
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Apprendre à se reconstruire.
Mariette, à bout de nerf a commis l'irréparable en giflant un élève. Millie est une paumée qui cherche à oublier un passé douloureux au point de feindre l'amnésie. Le trio est bouclé par Mike, un ancien militaire devenu SDF. Dans "l'atelier des miracles" Jean se fait réparateur des êtres cassés, brisés par la vie. Il leur tendra la main et tentera de leur redonner espoir et dignité. Empreint d'humanité, la rencontre fortuite des protagonistes de ce roman redonne comme un espoir en la solidarité.
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Touchant
Si vous avez oublié ce que veux dire:vivre,exister,lisez ce livre magnifique qui vous remettra sur le bon chemin,la route de la vie de l'espoir,....Pour ne pas oublier de vivre en liberté et retrouver le pouvoir de l'intention,afin de ne plus suivre ses fantômes mais plus tôt apprendre à vivre avec........Premiére rencontre avec cet auteur ,très belle découverte et hâte de lire ces autres romans.....tout à fait égale à Grégoire Delacourt que j'aime beaucoup car il est lui aussi comme Valérie Tong Cuong plein d'humanité.....
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"Contentez-vous d'être et le reste suivra"
Prof d'histoire-géo mariée à un politicien narcissique, Mariette est au bout du rouleau. Une provocation de trop et elle craque, envoyant valser un élève dans l'escalier. Mariette a franchi la ligne rouge. Millie, jeune secrétaire intérimaire, vit dans une solitude monacale. Mais un soir, son immeuble brûle. Elle tourne le dos aux flammes se jette dans le vide. Déserteur de l'armée, Monsieur Mike a fait de la rue son foyer. Installé tranquillement sous un porche, il ne s'attendait pas à ce que, ce matin, le " farfadet " et sa bande le passent à tabac. Au moment où Mariette, Millie et Mike heurtent le mur de leur existence, un homme providentiel surgit et leur tend la main - Jean, qui accueille dans son Atelier les âmes cassées, et dont on dit qu'il fait des miracles. Mais peut-on vraiment se reconstruire sans affronter ses fantômes ? Avancer en se mentant et en mentant aux autres ? Ensemble, les locataires de l'Atelier vont devoir accepter leur part d'ombre, tandis que le mystérieux Jean tire les ficelles d'un jeu de plus en plus dangereux. "Un hymne aux rencontres qui donnent la force de se relever" "L'atelier des miracles" est de ces romans qui se lisent avec un réel bonheur, un roman délicieux, bouleversant, si prenant qu'on ne peut s'en détacher et dont la lecture laisse son empreinte de douceur et de profonde humanité. Valérie Tong Cuong nous propose dans cet ouvrage un condensé d'existence fait de joies et de peines, dans lequel chacun peut se (re)trouver et puiser ce dont il a besoin pour tracer sa propre route. Que se rassurent les allergiques aux romans trop lisses, trop prévisibles, qui débordent de bons sentiments et de fausse naïveté, ce n'est vraiment pas du tout le cas, comme pourrait le laisser penser le titre, dans "L'Atelier des Miracles". Non, ce sont simplement, si l'on peut dire, les destins croisés de trois personnages, présentés dans un roman choral qui laisse la parole à chacun d'eux. Rien ne les prédestinait à se rencontrer, ni leurs âges, ni leurs milieux, ni leurs vies. Sauf qu'ils sont tous les trois malmenés par la vie, à bout de forces et d'illusions, arrivés à un point de rupture. Pour chacun, un événement grave va servir de détonateur pour faire voler en éclat leurs existences. Ils font alors la connaissance de Jean, le mystérieux directeur de "l'Atelier", une association qui a pour but de faire revivre les cas apparemment désespérés, ceux qui n'ont plus la force de continuer parce qu'ils ne trouvent plus de sens à leur vie. Millie, Mariette, Monsieur Mike, chacun arrive au centre avec son vécu, ses douleurs, ses fantômes et ses failles, tout "ce qui pèse, ce qui enfonce, ce qui fracasse et ce qui empêche"... Sans jugement, sans angélisme, sans manichéisme, Valérie Tong Cuong nous offre les récits conjugués de ces vies brisées et de ces renaissances. L'expression du mal-être de ces personnages est touchante parce qu'elle peut trouver une résonance en chacun d'entre nous, nous aider à oser une remise en question et à œuvrer pour créer notre vie, celle que profondément nous désirons. Loin d'être stéréotypés, les personnages sont complexes, secrets, énigmatiques. Même Jean, le "bon samaritain", apparemment si sage, altruiste, dévoué, se révèlera plus sombre, et finalement lui-même en détresse et en quête de son propre bonheur. Le message du roman est en apparence assez simple : notre vie ne dépend que de nous-même. Même si nous avons besoin des autres, de leur aide, celle-ci ne peut être que passagère. La main tendue est une sorte de transition qui doit mener à une prise de conscience personnelle. L'autre a le pouvoir de nous redonner la force et le courage de prendre du recul pour envisager de nouvelles possibilités, de nouveaux horizons, de nouveaux chemins à tracer mais au final, c'est à nous de prendre notre vie en mains, d'explorer nos potentialités, de surmonter les obstacles, autour de nous et en nous, d'assumer nos choix. C'est le prix de notre liberté : nous sommes chacun les responsables et les artisans de nos vies. Et de nos miracles. ➤➤➤➤➤ www.paroles-et-musique.com/prof-d'histoire-géo-mariée-à-un-politicien-narcissique-mariette-est-au-bout-du-rouleau.-une-provocation-de-trop-et-elle-craque-envoyant
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Les miracles n'existent pas
Roman tres vite lu sur le droit à la seconde chance, à la redemption et à la renaissance cet atelier des miracles est plutot plaisant.Les personnages sont attachant et même Jean dont on découvre peu à peu au fil du livre son vrai visage arrive a être presque sympathique à la fin. Le denouement final m'a toutefois déçu mais je dois confesser que je n'aime pas les fins "beni oui oui".
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Joli conte des temps modernes
Un petit bijou d'humanité et d'espoir. Beaucoup de sensibilité, de délicatesse, de douceur et d'amour dans ce magnifique roman de Valérie Tong Cuong. Première découverte de l'auteur mais certainement pas la dernière car c'est un véritable coup de coeur. Beaucoup de petites phrases bien écrites m'ont interpellée et amenée vers d'autres réflexions. Lorsque l'on croit en l'Homme, tout est possible. Lorsque l'on perd pied et que l'on pense que plus rien ne va, il suffit parfois d'une belle rencontre pour que tout à nouveau soit possible. Partons à la découverte des acteurs de ce roman : Mariette : enseignante mariée, maman de deux enfants. Elle pète les plombs au collège, elle est au bout du rouleau. Elle gifle un élève et doit se reconstruire. Personne jusqu'ici n'avait pris le temps de l'écouter, ni son mari, ni son médecin.....elle se sent vraiment isolée, seule, incomprise Millie : victime d'un incendie, simule l'amnésie et veut reconstruire sa vie. Elle veut laisser derrière elle sa vie, elle veut oublier, démarrer quelque chose de neuf, cherche un nouveau départ. Mike : un militaire déserteur, devenu SDF. Il squatte ses quelques marches, devant la sortie des poubelles d'un grand magasin. Il est confronté à la violence, est agressé. Il se retrouve à l'hôpital et après quelques jours on le rendra à la rue. A priori ils n'avaient rien en commun, venant chacun d'un univers et d'une couche sociale différente de notre société; et pourtant ces trois personnes sont toutes des accidentées de la vie, elles sont paumées, perdues, à la croisée des chemins, sans repères... Surgit alors une rencontre providentielle : Jean. Jean qui leur tendra la main avec son association "L'atelier des miracles". Il va essayer de les remettre sur pied, de leur faire prendre confiance en eux et retrouver un chemin de vie plus agréable,une reconstruction. Remettre des pendules à l'heure, réparer la mécanique humaine ; c'est un peu notre spécialité, non ? Mais qui est vraiment Jean? Qu'est-ce qui le pousse à faire tout cela, que cache-t-il ? Quel est son secret, sa vraie nature, sa véritable motivation?? Si vous voulez le savoir , une seule solution lire la suite.. Un livre à plusieurs voix, bien écrit, bien construit avec sa part de suspense et un dénouement inattendu. Beaucoup d'humanité, d'optimisme. Essayer de se comprendre, de croire en soi et en l'autre, un véritable petit bonheur... Un peu de soleil dans nos coeurs, bienvenu en cet hiver glacial. Les petites phrases. ------------------------ Il y a longtemps que je l'ai compris, l'ignorance est plus dangereuse qu'une grenade dégoupillée. Quand tout le monde est gagnant, la formule marche, croyez-moi. Faites moi confiance, Mariette. Des gens comme vous, au bout du rouleau, j'en suis depuis si longtemps, si vous saviez. Nous vous écouterons, vous nous écouterez, c'est l'essentiel de la recette. Nous vous apprendrons à vous regarder telle que vous êtes vraiment, et non au travers des yeux des autres, ni des filtres que vous a imposé votre histoire. C'est ce qui nous tue ; les filtres. Il faut les cerner et les anéantir. Nous vous apprendrons à vivre chaque instant. Il n'y aura plus de pièces manquantes, de chevilles mal fixées, de tristesse ou de pessimisme et puis vous savez? Cela marchera tellement bien qu'il arrivera un jour où ce sera votre tour d'aider les autres à vivre. (p85) C'était un atelier d'horlogerie, a-t-il souri ; Remettre les pendules à l'heure, réparer la mécanique humaine ; c'est un peu notre spécialité,non ? Mais nos locataires ne restent jamais très longtemps, et vous savez pourquoi ? Parce qu'ici, tout ceux de passage, ils retrouvent un sens à leur vie, une direction, le bonheur d'exister, la conscience d'être, alors ils n'ont plus besoin de notre aide, ni matérielle, ni immatérielle, ils rejoignent la cohorte des anciens de l'Atelier et c'est à eux, ensuite, d'apporter leur concours. (p87) Vomis-là ton angoisse, ta peur de vivre, crache-la avant qu'elle ne t'étouffe! Savez-vous que les gens seuls meurent plus tôt ? Ils meurent de n'avoir pas d'échange. Ils meurent de ne rien dire. Ils ne demandent rien, on ne leur donne rien, alors ils meurent - et on est impuissant. (p124) Je pense que l'amour est une lumière, je l'ai vérifié, constaté, l'amour a éclairé ma vie environ 18 mois, j'ai vu apparaître tout ce qui m'était caché jusque là, j'ai su qu'il n'existait pas de sentiment supérieur. Lorsqu'il a disparu tout est devenu plus terne qu'un automne sans fin. Je peux vous le dire aujourd'hui : l'amour mort vous terrasse et vous cimente le coeur. Il faut redresser la tête pour obtenir le respect. Croire en sa puissance pour obtenir la discipline. Lorsque j'étais plus jeune, je pensais que parler suffisait à être entendue. Je comptais sur mon pouvoir de conviction. Hélas, la communication entre les êtres humains a ses limites : peu de gens sont coupables de se remettre en question sans - pardonnez-moi l'expression - un bon coup au cul. Il faut leur ouvrir la voie. (p129) Mariette :cet épisode aura servi de révélateur, aussi bien pour vous, qui vous étiez laissé enfoncer, dominer, qui aviez oublié le sens du verbe exister, que pour les autres, qui serait désormais plus respectueux à l'égard d'autrui. Mais lorsque l'on vieillit Zelda, on apprend à construire sa liberté, et un beau jour, on se souvient que la vie est une grâce qui nous est donnée pour que nous la vivions. Feindre l'amnésie, essayer d'y croire, me convaincre d'un futur en essayant être une autre était l'unique possibilité de vivre. Nous faisons tous les mêmes erreurs. Fuir nos fantômes plutôt qu'apprendre à vivre avec. http://nathavh49.blogspot.be/
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Vivre, coûte que coûte...
C'est au milieu de 3 voix, Millie la mystérieuse, Mariette l'humiliée et Monsieur Mike le costumé, que Valérie Tong Cuong a décidé de nous parler de solidarité, de deuxième chance et de vérité. Jean, Papa Dieu de l'Atelier des Miracles, accueille ces 3 personnages alors qu'ils sont blessés, cassés et qu'ils ont grand besoin d'une main tendue. Les intentions ne sont pas forcément les mailleures mais l'objectif est le même pour tous : accorder sa confiance et redonner foi en la vie... Un roman tendre sur la solitude trop présente dans nos vies modernes...
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un souffle d'espoir dans les relations humaines
http://lireetrelire.blogspot.fr/2013/01/latelier-des-miracles-valerie-tong-cuong.html
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De justes portraits d'âmes en détresse
Premier roman de la rentrée littéraire d'hiver que je lis, c'est une amie qui m'a donné envie en me disant " Haaan, un nouveau Valérie Tong Cuong ! " Un oeil à la quatrième de couverture, ok, vendu. Il faut dire que j'aime les romans où les âmes brisées se côtoient, où il est question de l'existence, sans fards, de reconstruction, et puis cette couverture, ces boutons colorés qui n'attendent que d'être cousus à quelque chose m'ont donné envie d'en savoir plus... Roman à trois voix. Il y a Monsieur Mike, SDF, impossible pour moi de ne pas le prendre immédiatement en sympathie. Fort à l'extérieur et un peu en miettes à l'intérieur. Ancien militaire déserteur, gamin ballotté dans l'enfance, mis à la porte par une femme un peu trop soucieuse de la reconnaissance sociale... Son langage est parfois orginal et tout à fait plaisant : " Je m'en tirais donc plutôt pas mal. Le plus dur, c'était d'éviter la gamberge, ça vous éparpille pire qu'une mine antichar. C'est pour ça que je parlais tout le temps. Aux passants, au farfadet, aux vigiles de la supérette, aux maraudeurs, aux habitants de l'immeuble. Ceux-là, ils m'aimaient pas beaucoup, ils se dépêchaient de rentrer et de refermer la porte pour m'oublier le plus vite possible, ils discutaient entre eux à voix basse sur un ton emprunté lorsqu'ils se croisaient dans le hall [...]" Il y a Millie, jeune femme blessée depuis trop longtemps, discrète et solitaire... " Mon dossier administratif se résumait aux courriers de Pôle emploi et à une poignée de contrats d'intérim. Mes souvenirs des dix dernières années, à trois ou quatre cartes postales de mes parents, au dos desquelles étaient invariablement écrit " bons baisers ", une formule qui en disait long sur leur manière de m'aimer. " Puis il y a Mariette (celle qui m'a le plus émue), prof d'histoire-géo, sous le joug d'un mari manipulateur l'humiliant et la déstabilisant sans cesse. Au collège, elle perd pied face aux perfidies des élèves de bonne famille... " La vérité, c'est que ceux-là étaient les plus retors. Ils faisaient leurs coups en douce. Dans notre petit monde ouaté du confort sans effort, le crime se commettait en silence. On ne sortait pas un couteau ni une batte de base-ball, on ne provoquait pas un combat singulier dans un tunnel obscur, on dégainait quelques billets, un accès à un lieu très privé, un stage dans l'entreprise familiale. On faisait pression. On ne tuait pas l'autre, on le poussait à se tuer, on gardait les mains propres. " La nuit, elle fait des rêves de profs... : " La nuit, je rêvais que le car qui les emmenait en sortie glissait sur une flaque d'huile : hop, plus personne. Chômage technique, Mariette ! " Et puis il y a Jean, qui a créé l'Atelier, lieu de reconstruction, de tous les possibles, lieu de départ des vies nouvelles. Idéal, mais quel est le prix à payer ? Ce roman pose une délicate question sur la solidarité, doit-on mentir pour protéger ceux qui souffrent ? Doit-on expier sa culpabilité dans l'aide à autrui ? Mais ce roman démontre aussi que nous avons souvent besoin d'un autre regard pour affronter nos démons et dépasser nos souffrances, qu'une main tendue, si elle est sincère, peut avoir l'effet salvateur. A méditer : " Nous vous écoutons, vous nous écouterez, c'est l'essentiel de la recette. Nous vous apprendrons à vous regarder telle que vous êtes vraiment, et non au travers des yeux des autres, ni des filtres que vous a imposé votre histoire. C'est ce qui nous tue : les filtres. Il faut les cerner et les anéantir. Nous vous apprendrons à aimer vivre chaque instant. Il n'y aura plus de pièces manquantes, de chevilles mal fixées, de tristesse ou de pessimisme, et puis vous savez ? Cela marchera tellement bien qu'il arrivera un jour où ce sera votre tour d'aider les autres à vivre. " Cependant, je ne suis pas totalement conquise. J'ai trouvé parfois que les enchaînements allaient un peu trop vite, trop facilement. Et puis un tracas ne m'a pas quittée concernant Millie (no spoiler) : pourquoi, oui pourquoi, l'hôpital ou Jean ou la police ou que sais-je ne se sont pas renseignés auprès de ses voisins pour connaître son identité ? Après tout, ce n'est pas comme s'ils ne savaient pas où elle habitait ? Malgré tout je retiens des portraits d'hommes et de femmes réels et justes, Mariette m'a indubitablement beaucoup émue, et je retiens également quelque philosophie de vie, et c'est déjà pas mal.
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Un livre rempli d'humanité !
Mariette selon l'expression est au bout du rouleau. Professeur d'histoire-géo mariée un homme politique calculateur qui la rabaisse, elle se rend au collège avec la peur au ventre. Un de ses élèves, un meneur de troisième, a décidé de la faire craquer. Un jour, Mariette voit rouge. C'est la gifle, l'élève qui tombe dans les escaliers. Mariette est internée en hôpital psychiatrique, son mari ne voulant pas que cet incident s'ébruite à quelques semaines des élections. Quand le feu prend dans l'immeuble où elle sous-loue un appartement, Millie saute par la fenêtre. Cette jeune secrétaire intérimaire vit dans la solitude la plus totale et porte une blessure béante depuis l'enfance. Surnommée la miraculée à l'hôpital car elle n'est pas blessée, Millie ne dit rien. Elle feint l'amnésie dont les médecins parlent. Et il y a Monsieur Mike. Cet ancien légionnaire d'à peine quarante ans qui a déserté l'armée. Trop d' horreurs et de sales besognes dont personne ne parlait et surtout pas les gradés qui donnaient les ordres. Après son retour dans le monde civil, personne ne voulait plus de lui, ni sa femme ni aucun employeur. Alors, il vit dans la rue sous un porche. A ces trois personnes en détresse , Jean propose de les aider, de les accueillir dans son association située dans un ancien atelier d'horlogerie. Le temps que Mariette retrouve confiance en eux, que la mémoire de Millie revienne. Monsieur Mike est embauché par Jean comme agent de sécurité. L'Atelier est un tremplin, un endroit où l'on reste un temps donné pour se refaire. Pas d'assistanat mais donner aux gens malmenés par la vie un second souffle. La suite est un merveilleux roman où Mariette, Millie et Monsieur Mike décrivent le fil des évènements. Millie poursuit dans son mensonge et devient Zelda une nouvelle personne blanche de tout passé, Mariette comprend que son mariage repose sur un leurre et Monsieur Mike se pose des questions sur les rouages opaques de l'atelier. Jean leur prépare une nouvelle vie sur mesure mais un grain de sable enraye toute la mécanique qui fonctionnait si bien jusqu'à présent. Valérie Tong Cuong pose de multiples réflexions sur la solidarité. Ce que l'on cherche consciemment ou non en tendant une main pour aider l'autre et ce que l'on gagne à être sorti d'une mauvaise passe qui perdure. Un très, très beau roman sur la solidarité et les secondes chances offertes à des personnes qui en ont besoin avec des personnages tellement vrais et tellement humains ! Je suis sortie émue de cette lecture et surtout remplie d'espoir. Et même s'il y a des mensonges, si Jean se révèle ne pas être le Bon Samaritain sous toutes les coutures, ce livre débouche sur une chaîne où chaque être humain a de l'importance. Pas de guimauve mais la réalité et beaucoup d'humanité. Un coup de cœur qui fait du bien !
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Résumé

Prof d’histoire-géo mariée à un politicien narcissique, Mariette est au bout du rouleau. Une provocation de trop et elle craque, envoyant valser un élève dans l’escalier. Mariette a franchi la ligne rouge. 
Millie, jeune secrétaire intérimaire, vit dans une solitude monacale. Mais un soir, son immeuble brûle. Elle tourne le dos aux flammes se jette dans le vide. Déserteur de l’armée, Monsieur Mike a fait de la rue son foyer. Installé tranquillement sous un porche, il ne s’attendait pas à ce que, ce matin, le « farfadet » et sa bande le passent à tabac. 
Au moment où Mariette, Millie et Mike heurtent le mur de leur existence, un homme providentiel surgit et leur tend la main – Jean, qui accueille dans son Atelier les âmes cassées, et dont on dit qu’il fait des miracles. 
Mais peut-on vraiment se reconstruire sans affronter ses fantômes ? Avancer en se mentant et en mentant aux autres ? Ensemble, les locataires de l’Atelier vont devoir accepter leur part d’ombre, tandis que le mystérieux Jean tire les ficelles d’un jeu de plus en plus dangereux.

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Fiche technique

Code EAN/ISBN 
9782709642798
EAN numérique 
9782709643320
Code hachette 
4553988
Nombre de pages 
264
Format :
130 x 206 mm
Prix 
17.00 €
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