Hugo de la nuit

"Hugo de la nuit" de Bertrand Santini : la mort nous va si bien

03/06/2016

Après le célèbre Yark et Jonas, le requin mécanique, Bertrand Santini revient avec Hugo de la nuit chez Grasset jeunesse, un conte fantastique peuplé de gentils fantômes qui nous fait à la fois rire et frissonner. Passez une nuit surnaturelle avec le petit Hugo et oubliez tout ce que vous imaginez sur l’autre monde ! 

Bertrand Santini en un clin d’œil :

Bertrand Santini est auteur d’albums et de romans pour la jeunesse notamment Le Yark et Jonas le requin mécanique chez Grasset jeunesse. 

 

Pour on aime Hugo de la nuit :

 

Par une chaude nuit d’été, Hugo se couche, plein de la douce félicité du foyer. Rien ne saurait troubler la quiétude de Monliard, le domaine provençal de ses parents, niché entre vallons et garrigues et surplombé par un charmant cimetière à l’abandon. Pas même les récents actes de vandalisme laissant supposer que quelqu’un en veut à sa famille. Hugo aura douze ans demain, l’âge de tous les possibles...

 

Mais pourquoi, alors, l’a-t-on vu, dans le prologue, survoler sa maison et observer d’en haut ses parents, bercé dans les bras d’un fantôme ? La scène est surréelle et douce plus qu’inquiétante. Elle donne le ton de Hugo de la nuit. Parce que le jeune garçon passera en effet bientôt d’un monde à l’autre. Et que, comme toujours dans ses romans pour la jeunessse, Bertrand Santini s’apprête à nous balader du réel au merveilleux et de gag en choc émotionnel. Ce serait déjà trop dévoiler l’intrigue que de résumer comment Hugo sera amené à faire la connaissance d’une bande de gentils fêlés prénommés Cornille, Nicéphore, Dame Betti, Gertrude ou encore Adélaïde nés - … et morts – des siècles avant sa propre naissance. Disons seulement qu’il devra résoudre bien des mystères et affronter ce que tous les enfants redoutent… Les ectoplasmes ? Les zombies ? Les sortilèges et la magie ? Oh non... Bien plutôt les illusions et le sentiment de sécurité dont le berce le monde des adultes. Car, "les vivants ne sont-ils pas plus à craindre que les morts ?" comme se questionne l’un des personnages ?

 

"Longtemps les enfants pensent qu’ils obtiendront toujours des réponses. C’est en réalisant peu à peu leur erreur que l’euphorie de la jeunesse commence à s’estomper".

 

Entre rires en pagaille, twists à n’en plus finir et jeux sur la langue, Bertrand Santini parvient à nous serrer le cœur à chaque page et navigue avec nous sur le Styx de la mélancolie enfantine. On pense à un Shining en culottes courtes (l’une des références principales de l’auteur comme il nous le confiait dans un entretien), aux Goonies, aux romans de Roald Dahl ou encore au film de Robert Zemeckis, La Mort vous va si bien. Et on sort de Hugo de la nuit, lessivé, enchanté, persuadé qu’il faut faire lire à tout le monde ce roman pour 12 ans et +.

 

La page à corner :

 

"Hugo se tut, moins par politesse que pour reprendre son souffle. Il s’approcha de la falaise qui dominait la vallée baignée de rayons de lune. Le toit de la bastide apparaissait en contrebas. Les lumières de Sainte-Rigouste scintillaient à flanc de colline telles des étoiles échouées au sol. Au fond de la plaine, l’enseigne lumineuse d’une station Esso évoquait la présence rassurante d’un phare dans la nuit. Ces repères familiers l’apaisèrent aussitôt. En bas, rien n’avait changé. Son monde, le vrai monde, n’avait pas disparu. Un monde où les ombres n’étaient que des ombres et où les morts n’étaient que des rêves. Il lui suffisait de redescendre la colline pour retrouver sa vie d’avant. Hugo n’avait plus qu’une hâte ; courir chez lui et alerter ses parents. La police embarquerait alors ces guignols dans leurs costumes de location et tout rentrerait dans l’ordre.

« Comme dans un épisode de Scoubidou ! » songea-t-il pour se redonner du courage.

Mais avant tout cela, il fallait trouver un moyen d’échapper à ce traquenard.

Dans un regain de vigueur, l’enfant redressa la tête.

- Si vous êtes morts… Prouvez-le !

Cornille releva un sourcil amusé.

- Je suis né en 1848 ! ça ne te parapit pas un peu… chelou ?

Hugo éclata d’un rire forcé.

- Ah ! Ah ! Ah ! T’es vraiment qu’un acteur pourri ! Si t’étais vraiment né en 1848, tu ne connaîtrais même pas le mot chelou !

- Je m’adapte, figure-toi ! répliqua Cornille sur un ton aimable quoique légèrement irrité. Car si je parlois quouem de mon temps, t’esgourdirai quenouille !

- Quoi ? aboya Hugo.

- T’esgourdirai quenouille !

- QUOI ?

- TU CAPTERAIS QUE DALLE, BANANE !" , pp. 86-87.

 

Hugo de la nuit sur internet :

 

Ecoutez le podcast de l'émission "L'as-tu lu mon p'tit loup" où Denis Cheissoux parle de Hugo de la nuit sur France Inter : 

 

 

"Les aiguilles de l’horloge avancent, dans quelques heures Hugo aura 12 ans. Ou pas… Surtout ne pas trop en dire… Garder intacte la jubilation de la découverte de ce petit bijou à nul autre pareil.. !", Dans la bibliothèque de Noukette.

 

"Mais là où Bertrand Santini est le plus fort, c’est qu’il joue avec nos impressions et nos sensations jusqu’à la fin du roman, et nous interroge sur notre sens du rêve – ou du cauchemar – et de la réalité", bobetjeanmichel.com.

 

"Alors, si vous aimez les histoires de fantômes et de surnaturel, le théâtre et les ambiances baroques (ou si vous avez simplement envie de vous retrouver dans la peau d’un jeune adolescent, frissonnant d’angoisse et de jubilation sous sa couette), Hugo de la nuit est fait pour vous !", suivezlelapinblanc.org.

 

Noémie Sudre

 

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