Livre associé à la critique
Hemingway, la vie jusqu'à l'excès Patrick Poivre d'ArvorVous êtes sur le profil de (M.) Dominique Léger
« Il ne s'agit pas de peindre la vie, il s'agit de rendre vivante la peinture. » Pierre Bonnard... De la peinture à la littérature !
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CritiqueL'écriture est une activité humaine qui n'échappe pas au tripatouillage. Je laisse de côté le plagiaire pour m'intéresser au "nègre". Qu'en est-il ? Le degré de scandale - c'est mon jugement, enfle en rebondissant de l'un à l'autre de ces deux scenarii.
Le premier met en scène un personnage réputé incapable d'écrire et fait appel à un "nègre" (collaborateur littéraire ou ghost writer). Ce n'est pas son métier d'écrire et l'exercice de sa quelconque activité n'a jamais prouvé d'évidentes qualités intellectuelles. Les rayons de librairie sont pleins de ces livres de sportifs, de héros de faits divers et de ribouldingues de tout poil accédant au quart d'heure de notoriété promis par Andy Wharol. Mais pourquoi se faire le complice d'une imposture que la moindre jugeote démasque ? Il ne me choque pas que Zidane ou Miss France ou Tapis dont la réputation tient plus au dehors qu'au dedans, fassent appel en toute transparence à une plume complice. Les livres d'interview fonctionnent très bien sur la base de cette franchise. Bon, le sommet du scandale n'est pas atteint par ce scénario : personne n'est dupe !
Voici maintenant le triste sire du second scénario, qui met sa tête à couper (qu'on la coupe !) qu'il a lui-même écrit son livre, donnant force détails sur l'angoisse de la page blanche et les douleurs de l'accouchement : il se fout de nous. Et pire encore, l'écrivain à statut d'écrivain qui fait écrire ses livres par d'autres : non seulement il se fout de nous mais encore nous prend pour des c.. Et l'omerta règne là-dessus, l'éditeur dit : "comprenez, la maïeutique, tout ça...", l'auteur-imposteur parade, le "nègre" s'empiffre à l'ombre, les journalistes soignent leurs relations et s'adonnent aux RP de l'éditeur, la boucle est bouclée et le lecteur est cocu. Le ridicule ajoute à l'injure quand le "collaborateur" s'adonne au plagiat - le pot-au-noir du "nègre" pour ainsi dire !
C'est une honte, cette mafia littéraire. Aucune autre activité artistique majeure, à ma connaissance, n'élève ainsi l'imposture au rang de pratique institutionnelle. J'ai retenu d'une conférence que l'acte d'imposture, en général, est une tragi-comédie; si le petit monde germano-pratin rit de la comédie, moi lecteur je hurle au scandale de cette farce sinistre ! Une loi de la communication moderne dit que si une vache présentait une émission tv, la vache serait célèbre... Mais au moins les vaches n'écrivent pas !













