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La Peste Albert CamusVous êtes sur le profil de Yaelle Z
Les livres ont les mêmes ennemis que l'Homme : le feu, l'humidité, les bêtes, le temps, et leur propre contenu. (Paul Valéry)
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CritiqueCe livre a reçu le prix Nobel en 1957. Albert Camus est né en 1913 en Algérie, un pays qui l'a profondément marqué, qui se retrouve dans beaucoup de ses romans. Et ici, encore une fois, l'action se passe en Algérie, à Oran. L'histoire est très simple : en plein XX ème siècle, la ville se trouve envahie par la peste et se voit mise en quarantaine. Le roman est la réction des différentes personnages, leur manière de vivre avec ça. L'auteur décrit alors les sentiments, la lutte pour la vie et contre la peste, le changement des coeurs, l'exil, la peur, l'homme qui lutte et le silence. Tous les types humains sont représentés, toute la société qui s'organise, le médecin, le prêtre, les fous, ceux que la peste arrange, ceux qui s'évadent, la contrebande, un monde en miniature... Et les hurlements de ceux qui meurent et auxquels la ville s'habitue... C'est un livre d'une grande profondeur. Une histoire très noire mais qu'on ne peut pas lâcher, un livre qui accroche car il parle de ce dont les hommes parlent le mieux : d'eux-mêmes. D'eux face à leurs épreuves, d'eux face à la vie, à la perte de la vie, à la fragilité de la vie, d'eux face à la peste.
On serait tentés de croire que la peste est la guerre et l'auteur le laisse croire de bien des façons. De plus, on ne peut s'empêcher de penser que Camus, qui a vécu les deux grandes guerres (il est né en 1913 et mort en 1960), en sera marqué. Mais il écrira aussi "il y a dans les hommes plus de choses à admirer qu'à mépriser." Alors la peste est la guerre, oui, quelque part. L'isolement, la vie qui doit continuer malgré la peur, la mort dans la souffrance, la résignation et pire encore, l'habitude. Mais la peste est surtout la vie. Camus écrira "dans cette grande bataille qu'était la peste, ou la vie, il avait perdu." Les hommes enfermés avec la vie, c'est là tout l'objet de "la peste". Un livre poignant, qui décrit la souffrance des hommes, mais un livre beau, qui décrit l'Homme. Digne du génie de Camus. La peste, il nous dit lui-même ce que c'est. "Cottard et Tarrou, qui s'étaient seulement levés, restaient seuls en face d'une des images de ce qu'était leur vie d'alors : la peste sur la scène sous l'aspect d'un historien desarticulé, et dans la salle, tout un luxe devenu inutile sous la forme d'éventails oubliés et de dentelles traînant sur le rouge des fauteuils." "Une chaleur de vie et une image de mort, c'était cela la connaissance." "Mais qu'est-ce que ça veut dire, la peste ? C'est la vie, et voilà tout."














