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Lecteur Officiel

Livre associé à la critique

Mémoire de mes putains tristes
Sa note:
Un vieil amoureux 01/03/2011 par
Cette critique a été lue 154 fois
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CritiqueMais cette jeunesse a ému le narrateur qui souhaite renouveler cette sensation si douce de s'étendre auprès d'un jeune corps, de le regarder dormir, de l'embrasser sans l'éveiller. Le vieil homme se prend au jeu, il revient et revient encore auprès de cette enfant qu'il nomme Delgadina et dont il ne sait rien, si ce n'est que c'est une pauvresse qui passe sa journée à coudre des boutons dans une usine. Entre le vieil homme et la jeune fille endormie, un rituel s'installe, une relation s'instaure et bientôt, cet homme qui a collectionné les femmes sans jamais connaître l'amour s'éveille à un sentiment nouveau. Au crépuscule de sa vie, il découvre enfin la vie, l'amour, l'attention aux autres et la joie de porter attention à un autre que soi.
Ce vieux narrateur m'a immédiatement fait penser à Florentino Ariza, héros de L'amour aux temps du choléra. Tous deux sont hommes à femmes (au point de dénombrer leurs conquêtes dans de petits carnets), tous deux dans leur vieillesse apprécient les très jeunes filles, et tous deux mettent en scène le sujet de la sexualité des vieillards. Mais le récit du narrateur de Mémoire de mes putains tristes est encore plus émouvant que Florentino parce que son récit se fait à la première personne et parce qu'il s'éveille platoniquement à l'amour avec une candeur touchante. Le spectre du vieux pédophile libidineux, que les non lecteurs de García Márquez ont pu imaginer en raison du titre et de la quatrième de couverture, ce vieux libidineux disparait derrière un homme touché par l'amour qui se dépeint avec humour et clairvoyance, sans aucune vulgarité.

On retrouve tout García Márquez dans ce court roman : la poésie, la tendresse envers les personnages, et l'arrière-fond de violence dans un pays où les militaires sont présents dans les rues, où les hommes d'affaires corrompus se font assassiner et les enfants exploiter dans des usines et où le journalisme est contrôlé par la censure (" l'Abominable homme de neuf heures ").

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