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Passage des larmes Abdourahman-A WaberiVous êtes sur le profil de Léna Margerie
Chaque lecture est un acte de résistance. Une lecture bien menée sauve de tout, y compris de soi-même. [Daniel Pennac]
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Critique
Le passage des larmes, ou plus exactement la porte des larmes, est la traduction de l’arabe Bab-el-Mandeb, le détroit reliant la mer Rouge au golfe d’Aden, non loin de Djibouti. C’est dans ce pays que retourne Djibril, dont le surnom, Djib, le lie étrangement à sa terre d’origine. Djibril a quitté son pays natal depuis de nombreuses années, coupant tout lien avec son frère jumeau et sa famille, avant de refaire sa vie à Montréal, où Denise, sa femme, l’attend. Il revient à Djibouti pour affaires mais replonge inévitablement dans ses souvenirs d’enfance. Alors qu’il mène une enquête pour le compte de la société de renseignements pour laquelle il travaille, il retourne sur les plages et dans les ruelles de sa jeunesse. La voix de son ami David et de son grand-père Assod résonnent à nouveau dans son esprit. Une voix étrange venue d’on ne sait où, d’une prison, se joint aux premières. Elle est menaçante. Implorant et louant Allah, elle met en garde Djibril, tout en replongeant de temps à autres dans une lecture évoquant le philosophe Walter Benjamin…
Au fil des pages des liens se créent, des zones d’ombres se dissipent, mais le mystère plane toujours. Perturbant, gênant presque la lecture. Les souvenirs de Djibril permettent toutefois de découvrir Djibouti sous un aspect différent et ses qualités d’informateurs nous renseignent sur l’emprise des Etats-Unis et des Emirats arabes sur ce petit bout de terre coincé dans la corne de l’Afrique.














