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Tangente vers l'est Maylis de KérangalVous êtes sur le profil de THIERRY COUSTEIX
"Les mots savent de nous des choses que nous ignorons d'eux." René Char
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CritiqueAliocha le russe monte dans le Transsibérien. Hélène la française aussi. Lui veut déserter son service miltaire qui lui fait peur. Elle veut déserter un amour qui lui fait peur. Le Transsibérien : près de dix mille kilomètres, neuf-cents gares desservies, de Moscou à Vladivostok jusqu'à l'océan Pacifique en passant par la Sibérie et le lac Baïkal.
Vous montez dans le wagon et vous voilà partis pour cent trentre pages de suspens à la Hitchcock, style "L'Inconnu du Nord-Express" par exemple !
Hélène, première classe et Aliocha, troisième classe sont deux fuyards aux destins contraints aux rails irréversibles.
Chers lecteurs, traqués, à bout de souffle, restez vigilants et méfiez-vous d'un certain sergent Letchov comme de la peste ! Et pas question de tirer le signal d'alarme ! Ici pas d'échappatoire sauf si vous descendez en marche...sauf si vous abandonnez le livre...ce qui m'étonnerait !
Un vrai thriller rythmé aux boogies !
Maylis de Kerangal, prix Médicis 2010 avec "Naissance d'un pont" était attendue au tournant.
Elle franchit la grande Russie haut le verbe !
"Après quoi les rails irréversibles qui déplient le pays, déballent, déballent, déballent la Russie, progressent entre les latitudes 50° N et 60° N, et les gars qui poissent dans les wagons, les crânes pâles sous la tonsure, les tempes vaporisées de sueur, et parmi eux Aliocha, vingt ans, bâti en force mais le corps pris dans des élans contraires, le torse qui oblique vers l'avant quand les épaules, elles, sont déjetées vers l'arrière, colériques, le teint ciment, l'oeil noir..."














