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1Q84 livre 2 juillet-septembre Haruki MurakamiVous êtes sur le profil de Nathan Bonne
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CritiqueDans le premier tome d'1Q84, Haruki Murakami laissait couler en parallèle deux histoires, a priori éloignées l'une de l'autre. Evidemment le lecteur n'était pas dupe : Aomamé la tueuse à gages et Tengo le mathématicien timide nègre littéraire à ses heures perdues, allaient bien se retrouver quelque part. De fait dès le premier tome, les histoires s'étaient jointes - et sans rien trahir des surprises des lecteurs qui ne l'auraient pas lu - Aomamé et Tengo ne peuvent que se retrouver sous les lunes d'1Q84. Mais comment et pour quoi ?
C'est là toute la mécanique du second tome de la trilogie de Murakami. De Juillet à Septembre, il ne se passe pas grand chose en 1Q84, néanmoins, autour d'une longue rencontre entre Aomamé et un géant, et de la découverte de la solitude par Tengo, Murakami arrive subtilement, à réunir ses personnages. Mieux, ils tissent entre eux des ponts, par les destins singuliers des personnages secondaires. Ayumi, Tamura, Ushikawa, Komatsu, Fukaéri... tous sont liés, tous sont des échos de Tchékov, Dostoïevski, Georges Orwell, ou de Bach, Brahms, Louis Armstrong et les Rolling Stones. Plus qu'une référence à 1984, 1Q84 est une revisite d'Alice au pays des Merveilles. Le monde n'est plus le monde, même s'il semble marcher comme avant, et le lapin y est toujours en retard.
Dans ce deuxième tome, Murakami effectue une distinction profonde entre la réalité et la science-fiction, plus qu'auparavant dans ces autres oeuvres, où l'on caressait le monde du rêve, avec la "sécurité" de pouvoir rejoindre le monde réel. Ici, ses personnages sont les prisonniers d'une machination ésotérique - appelez ça le destin si ça vous chante - qui influe sur notre réalité.
Catapulté par un avant-dernier chapitre qui laisse le lecteur sur sa faim, le second tome d'1Q84, même s'il est loin d'être le meilleur de Murakami - l'auteur est didactique, précis, ajoute répétitions sur répétitions, s'autorise des redites qui si elles peuvent paraître longues, n'empêchent pas au lecteur d'être surpris - abandonne le lecteur à toutes les interrogations en attendant le troisième tome d'une saga où dès 1984, les dérives du monde actuel, des dérives sociales, partisanes, sectaires pesaient sur le monde.
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Patricia MilletMembre
Il y a une dimension universelle chez Murakami. En plaçant ses protagonistes entre deux mondes, il met en scène et rend tangible la condition humaine; cette oscillation permanente entre la tragédie d'une existence finie, et la connaissance métaphysique que nous avons de cette fin. C'est dans l'espace crée par le mouvement incessant de l'une à l'autre que s'ouvre le champ salvateur des possibles infinis. L'oeuvre de Murakami, montre que la littérature peut être l'expression de notre humaine condition.













