Livre associé à la critique
Ouragan Laurent GaudéVous êtes sur le profil de Monique Barbet
Un des plus précieux cadeaux qu'on puisse se faire entre amis, c'est encore (il me semble) de se signaler l'un à l'autre de bons livres dont on n'aurait sinon jamais connu l'existence. Simon Leys - Préface Les naufragés des Auckland
- 2 avis positifs
- 0
CritiqueCe livre parle de l'Homme et de la nature, éternellement confrontés.
L'homme, les hommes, les hommes et les femmes. Les blancs et les noirs. Face à la nature déchainée, on voit que même là, l'égalité n'existe pas, ne peut pas exister.
Sur la dizaine de personnages qui sont mis en scène par Laurent Gaudé il y en a un qui illumine le récit. C'est celui de Josephine Linc. Steelson, négresse depuis presque cent ans. Elle ouvre le roman et le referme avec une dignité et une force qu'on lui envie.
Puis il y a le style. Irréprochable. Limpide. Riche tout en étant d'une sobriété extrême. Il y a le choix du sujet. Riche lui aussi en émotions aussi fortes que dévastatrices. Comme le cyclone qui va balayer la Nouvelle Orléans et mettre à nu chaque personnage. Que devient l'homme devant la nature déchainée ? Que reste-il de l'individu social lorsque tous les repères patiemment édifiés, consolidés, sont balayés comme fétu de paille. A quoi se raccrocher ? Quelle attitude adopter ? Comme dans toute situation extrême, l'homme est obligé de se montrer tel qu'il est vraiment. Écœurant de lâcheté ou héroïque. Pas de demi mesure face au déchainement de la nature, pas de compromis possible lorsqu'il faut décider de son sort dans la seconde qui suit.
Face au chaos, les vainqueurs de ce récit sont l'amour et la dignité.














