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L'arbre du voyageur Hitonari TsujiVous êtes sur le profil de Christophe CORRE
Je ne relis jamais plusieurs fois les mêmes livres, parce que j'estime que je n'ai pas assez d'une vie pour ça. La seule exception à la règle, c'est "Cyrano de Bergerac", mais c'est peut-être parce que c'est là que je puise mon courage : Cyrano, voilà qui je voudrais être ! [Emmanuel Nuncq, auteure de "Bordemarge"(Castelmore, avril 2012) ; entretien publié dans Neverland#12, le magazine des éditions Bragelonne, Milady et Castelmore]
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Quelques mots sur l'auteurHitonari Tsuji est né à Tokyo en 1959. Très connu au Japon comme romancier, poète et réalisateur, il est aussi chanteur de rock. Auteur de plusieurs romans qui ont remporté un immense succès, il est considéré comme un des chefs de file d'une nouvelle génération d'écrivains japonais. Son premier roman, "Le Bouddha blanc", inspiré de l'histoire de son grand-père, a reçu le Prix Fémina étranger en 1999.
CritiqueYuji Takaku n'aime pas l'école et il lui arrive de quitter le foyer familial une journée ou deux mais à l'âge adulte, il finit par disparaître pour de bon sans laisser de traces ni de nouvelles. Très affecté par la mort de ses parents ("L'isolement sans raison qui s'était emparé de moi aussitôt après la mort de mes parents me rendait étranger à moi-même et agissait comme un anesthésique. On aurait pu me tailler le cœur en pièces, je n'aurais ressenti aucune douleur"), son frère cadet, 19 ans, ("J'ai neuf ans de moins que [Yujî] mais je suis son frère légitime") décide dix ans plus tard de partir à sa recherche.
Il tente alors de percer l'étrange personnalité de Yujî, qui s'intéressait de près à la métempsychose : "Même si nous sommes frères du point de vue de la génétique, pour ce qui est de l'âme, nous sommes des étrangers [...] Le corps physique, ce n'est qu'une demeure d'emprunt".
On suit avec plaisir la quête initiatique du jeune Takaku à travers un Tokyo ultra-branché, lui qui n'a pas l'habitude des grandes mégalopoles et "ses dangers" : "Ce couple qui s'éloigna ensuite, enlacé, faisait partie d'un monde totalement étranger. Moi qui arrivais de Kofû, j'étais un simple provincial [...] Dans cette ville, chacun vivait dans son propre monde, comme dans une bulle."
Au fil de ses rencontre avec ses anciennes petites amies (Atsuko et Hisami) et Yasuda, son collègue de travail, Takaku parvient malgré tout à récolter des indices et à comprendre petit à petit Yujî.
Pour ce qui est du titre, l'arbre du voyageur (ou "bananier éventail) est originaire de Madagascar. La spécificité de cette plante est qu'elle emmagasine de l'eau dans ses tiges. Comme l'explique Yasuda à Takaku, "les voyageurs coupent la tige [...] et se désaltèrent avec l'eau qu'elle contient, c'est pour cela qu'on l'appelle arbre du voyageur. C'est une plante chameau." L'arbre du voyageur ne serait-il pas Yujî ? Si vous souhaitez en savoir plus sur cette plante (taille, photos...), je vous renvoie à l'article de Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Arbre_du_voyageur.
Un bon roman qui tient le lecteur en haleine jusqu'à la dernière page car il est bien difficile de savoir comment il se termine.
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Virginie NeufvilleMembre officiel
C'est justement le flou artistique de la fin qui rend ce livre si envoûtant...















