Livre associé à la critique
Le confident Hélène GrémillonVous êtes sur le profil de Virginie Neufville
"La croissance intellectuelle et morale n’est pas moins indispensable que l’amélioration matérielle. Savoir est un viatique, penser est de première nécessité, la vérité est nourriture comme le froment. Une raison, à jeun de science et de sagesse, maigrit. Plaignons, à l’égal des estomacs, les esprits qui ne mangent pas. S’il y a quelque chose de plus poignant qu’un corps agonisant faute de pain, c’est une âme qui meurt de la faim de la lumière." Victor Hugo, *Les Misérables*, Partie VI, chapitre 7, 1862.
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résumé du livre""Ce ne sont pas les autres qui nous infligent les pires déceptions, mais le choc entre la réalité et les emballements de notre imagination."
CritiqueJ'attendais beaucoup de ce livre pour diverses raisons, et je sors de sa lecture avec un avis mitigé. Comme à l'école, commençons par les aspects positifs. La lecture est agréable grâce à une histoire cohérente, bien ficelée sur fond de seconde guerre mondiale. Certes, rien de bien original, mais le choix d'un traitement épistolaire est singulier car il réduit non seulement les champs de possibilité d'actions, et l'auteur doit se conformer à une construction rigoureuse pour ne pas s'y perdre. La différence de points de vue mise en avant par le genre favorise l'étude psychologique des personnages, notamment la relation amie-ennemie entre les deux femmes (tout à fait typique de la nature féminine!). On sent que le récit est travaillé, qu'il y a de la recherche historique derrière mais elle ne compense pas certaines lourdeurs de style. Et c'est là que le bât blesse. Bien que je ne sois pas une obsédée de la forme, je pense que sans un bon style, une belle histoire ne se vend pas. Ce que je regrette dans ce roman, c'est le manque de perspective: nous avons trois narrateurs dont deux qui racontent la même histoire, ce qui nous vaut des passages répétés (avec de petites variantes) et une impression de déjà vu. Je n'y ai pas trouvé de "fulgurances" mais parfois de petites "bourdes" dont celle-ci: "mais non, impossible, elle était trop jeune, ces lettres étaient l'œuvre d'une personne plus âgée, ça se sentait, et en plus elle était trop jolie pour écrire comme ça"; à croire, en remettant les choses dans leur contexte, qu'il faut être laid pour prétendre écrire correctement! Bref, j'ai un peu souffert de ces quelques incohérences. Néanmoins, il ne faut pas mettre de côté qu'Hélène Grémillon est un jeune auteur dont "le confident" est le premier roman, donc son style ne peut que s'améliorer. Pour conclure, l'histoire sauve le manque de profondeur, et l'ensemble reste quand même un bon moment de lecture.















