Livre associé à la critique
Lolita Vladimir NabokovVous êtes sur le profil de Virginie Neufville
"La croissance intellectuelle et morale n’est pas moins indispensable que l’amélioration matérielle. Savoir est un viatique, penser est de première nécessité, la vérité est nourriture comme le froment. Une raison, à jeun de science et de sagesse, maigrit. Plaignons, à l’égal des estomacs, les esprits qui ne mangent pas. S’il y a quelque chose de plus poignant qu’un corps agonisant faute de pain, c’est une âme qui meurt de la faim de la lumière." Victor Hugo, *Les Misérables*, Partie VI, chapitre 7, 1862.
- 5 avis positifs
- 0
Critique"Lolita, lumière de ma vie, feu de mes reins. Mon pêché, mon âme." Telles sont les premières lignes de ce roman, et à mon avis, elles résument à elles toutes seules le contenu.
Certes, l'idée originale est sulfureuse voire malsaine: un homme d'âge mûr qui se sait pédophile, tombe amoureux de la fille de sa propriétaire, une véritable "nymphette" de 12 ans à son goût.... Il va même plus loin en se mariant avec sa mère pour mieux approcher la petite. Or, et c'est là que ce roman devient de plus en plus intéressant, cette Lolita en question est tout sauf une ingénue, et notre narrateur se retrouve pris au piège non seulement de sa déviance, mais aussi du comportement de Lolita....
Lolita est un roman dont le sujet dérange, et c'est ce qui a fait qu'aujourd'hui encore il reste un mythe en littérature. Mais Nabokov a eu l'intelligence de traiter ce sujet épineux en inversant les rôles: les gamines ne sont plus aussi sages et naïves, et les pédophiles sont en lutte constante avec leur conscience. Le mieux est que le lecteur mette ses opinions de côté et aborde le contenu en veillant à rester neutre.
Nabokov entame sa première partie par le journal intime du narrateur HUmbert d'où le côté sulfureux du style. Puis, le road movie à travers les Etats Unis permet de planifier les personnalités et surtout d'inverser les rôles: Lolita réserve bien des surprises.
Le fait d'utiliser les décors et la société américaine est bien choisi car, par ce biais, Nabokov démontre que ses habitants sont aussi tordus que ceux de la vieille Europe, loin s'en faut!
Finalement, ce roman est une réussite à tout point de vue, aussi bien dans la finesse d'analyse des personnages que dans la méthode de traitement de l'histoire. En ce sens, il mérite sa notoriété d'un demi siècle.















