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Léna Margerie

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Chaque lecture est un acte de résistance. Une lecture bien menée sauve de tout, y compris de soi-même. [Daniel Pennac]
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Chronique lue 75 fois

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Le récit, à l'image du titre n'est qu'océan, tempêtes, aucun moment de répit dans ce qui semble être une légende et qu'Alessandro Baricco mène d'une main non pas de maitre mais de capitaine. Capitaine impitoyable qui noient ses marins, les perd dans des siphons surréalistes, et les engloutit dans cette mer qui devient un personnage à part entière. A chaque page même lorsqu'on ne l'entend pas elle est là, à appeler chacun des personnages, à hanter leur nuit, car même des chambres de la pension on l'entend qui hurle.

résumé du livre

Posée sur « la corniche ultime du monde » la pension Almayer voit sept destins se croiser, comme ces pas sur la plage, qui disparaissent la nuit venue, emportés par le flot ininterrompu des vagues. Sept destins qui se croisent, et qui se sauvent mutuellement. Elisewin a 16 ans et elle est là pour guérir, personne ne sait bien de quoi, peut-être simplement de son innocence ou de sa jeunesse trop fragile qui parfois l’empêche de vivre. Plasson, les pieds dans l’eau toute la journée, tente de faire le portrait de la mer, en commençant par les yeux, et finalement son œuvre n’est composée que de tableaux blancs peints à l’eau de mer. Le professeur Bartleboom cherche la « fin de la mer » pour compléter son Encyclopédie des limites observables dans la nature, et quand il ne se promène pas sur la plage il écrit des lettres d’amour à la femme qu’il aimera, mais qu’il ne connaît pas encore. Ann Dévéria, sublime femme, sans cesse enveloppée dans son manteau violet cherche la rédemption les pieds dans le sable, ses pulsions adultères l’ayant menée ici. Le Père Pluche, qui surveille Elisewin pour éviter qu’elle ne meure en se soignant a écrit en tout 9052 prières dont « La Prière pour quelqu’un qui s’est perdu, donc pour tout dire, prière pour moi » Adams avec « le regard d’un animal en chasse » vient trouver le repos après un sordide naufrage qui lui aura dévoilé les aspects les plus abjects de l’être humain. Enfin, il y a la septième porte tout au bout du couloir de la pension, une porte qui ne s’ouvre jamais, dont personne n’ose s’approcher, mais qui intrigue tout le monde. Et loin dans le ventre de la mer il y a le souvenir d’un naufrage terrible, inhumain qui semble les hanter, chacun d’eux, sur la plage de la pension Almayer à cet endroit où « ce n'est plus la terre, et ce n'est pas encore la mer » cet endroit où il semble bien dur de survivre et où pourtant chacun trouve la force de rassembler les morceaux de sa vie

Chronique

Décrite comme une femme insoumise, comme un danger inévitable, la mer est le fil conducteur entre l'existence de tous ces personnages qui tentent de ne pas se laisser happer dans ses vagues. Un récit qui tient en haleine jusqu'au point final entre les tours de magies syntaxiques d'Alessandro Baricco, ces images qui ne peuvent venir que de l'imagination d'un fou, un amoureux transi des océans, et toujours cette fatalité qui semble ne jamais quitter chaque mot entre la mer déifiée et l'homme, cette poussière " qui enraye le mécanisme sans fin de l'univers ".

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