Livre associé à la critique
La Ligne de courtoisie Nicolas FarguesVous êtes sur le profil de Milca Benedit
Le succès c'est d'aller d'échec en échec sans perdre son enthousiasme Churchill
- 2 avis positifs
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résumé du livreUn écrivain qui n'a rien publié depuis trois ans annonce à ses proches qu'il va en Inde. Sont présents ses deux enfants de 16 et 20 ans, son frère et la voisine avec qui il couche épisodiquement. Le récit est d'un cynisme courtois. Le narrateur est choqué par l'attitude détachée des personnes qui lui sont le plus proche mais il n'en laisse rien paraître tellement il tient à être digne et insensible. J'ai apprécié la première partie quand le narrateur est en France mais je reste moins convaincue par la seconde partie en Inde où il connait des déboires avec son logeur et avec une jeune fille. J'ai trouvé la deuxième partie moins intéressante et quelque peu tirée par les cheveux. Dommage de ne pas avoir réussi à garder le ton du début qui correspond à tellement d'entre nous.
CritiqueCe qui frappe en premier dans la lecture de La ligne de Courtoisie c'est le style très incisif, très précis. Le vocabulaire riche est jouissif. Enfin, un écrivain qui prend le risque de se faire traiter de prétentieux par quelques lecteurs qui préfèrent rester sur leur acquis plutôt que d'être un peu "dérangés" par des mots qu'ils ne comprennent pas de suite. Nous pensons forcément à Houllebecq d'ailleurs l'auteur le cite sans complexe.
Allez un petit extrait pour donner une idée plus précise du style. Le narrateur parle de son fils : " Soyons tout à fait franc : avec sa suffisance obtuse, avec pour unique source de culture générale et d'information le portail généraliste de son fournisseur d'accès à internet et les couvertures des gratuits du métro, avec son vocabulaire de bande-annonce commerciale pour compilation des tubes de l'été et sa prédilection écrasante pour le prêt-à-porter cintré et les téléphones intelligents, il incarnait un archétype assez convaincant du petit con d'époque" Nicolas Fargues est courageux : il se met à dos les petits cons. Pourvu qu'ils ne se reconnaissent pas en lisant son roman.
Un autre extrait d'autodérision: " Bonjour Monsieur. A quarante-trois ans, je ne m'y faisais toujours pas. Malgré mes ridules désormais confirmées, ma canitie galopante, mon teint jaunissant, le lent émoussement de mes dents, le ternissement de mon regard, l'assèchement de mes joues et le rabougrissement général de ma silhouette, je n'avais pas l'impression d'avoir tant changé que cela, depuis mes vingt ans."
- 7 commentaires
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Jostein AliasMembre officiel
Depuis que j'ai vu son interview sur La Grande Librairie, j'ai envie de le lire car l'auteur semble effectivement tenter de casser de image de "bel auteur sentimental" en essayant l'humour sarcastique. Ton avis confirme mon intention.
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Victoire Nguyen
Membre
Trop fort Vivi !!!
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Virginie NeufvilleMembre officiel
chacun vit comme il l'entend....et Linda Lê est un grand auteur (elle est venue à Béthune pour une rencontre littéraire)...et je ne suis pas propriétaire...mais oups!!! cela ne m'empêche pas d'être heureuse !
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Victoire Nguyen
Membre
Seigneur, ma chère comme vous me comprenez. Combien de fois j'entends le terme "égoïste" car je ne veux pas d'enfant. Combien de fois j'entends le terme de "loser" sur un de mes amis qui est un globe trotteur et qui refuse d'acheter sa maison. Oui, aujourd'hui on rend tout le monde coupable. Vous n'avez pas un toit? Mais c'est de votre faute: pourquoi êtes vous pauvre?!!! Vous êtes chômeur? Ah, il y a quelque chose de louche chez vous!!! Oui, je suis très souvent écoeurée. Merci pour cet échange?
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Milca BeneditMembre officiel
Tout cela pour dire que je n'ai aucun mal à vous croire quand vous dites que Linda Le a "osé" . C'est une femme d'une grande intelligence et qui écrit avec talent
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Milca BeneditMembre officiel
le roman est court (4 ou 5 heures de lecture en prenant son temps) et j'ai peut être eu tendance à être plus indulgente que si l'auteur avait traîné en longueur. J'ai été séduite par le style, par des "paroles" que j'aurais pu faire miennes mais par contre cela se gâte en deuxième partie. Je le conseille pour le style impeccable et les petits coups de génie mais je reste un peu sur ma faim (je suis gourmande surement) Le Linda Lê m'a fascinée car elle a osé dire des choses profondes. Nous vivons dans une société qui nous conditionne à accomplir certaines choses :ayez un travail , un conjoint, des enfants et une maison et tout le monde vous enviera. Si l'une de ces choses manque, la société vous imposera à tout faire pour le corriger. Dire qu'on ne veut pas d'enfants et considérer comme un égoïsme effronté alors que parfois il s'agit juste d'une peur, d'une crainte de ne pas y arriver qu'on cache derrière une carapace d'individualisme. Et Linda Le l'a transcrit parfaitement















