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Des éclairs Jean EchenozVous êtes sur le profil de Virginie Neufville
"La croissance intellectuelle et morale n’est pas moins indispensable que l’amélioration matérielle. Savoir est un viatique, penser est de première nécessité, la vérité est nourriture comme le froment. Une raison, à jeun de science et de sagesse, maigrit. Plaignons, à l’égal des estomacs, les esprits qui ne mangent pas. S’il y a quelque chose de plus poignant qu’un corps agonisant faute de pain, c’est une âme qui meurt de la faim de la lumière." Victor Hugo, *Les Misérables*, Partie VI, chapitre 7, 1862.
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CritiquePas facile d'écrire une pseudo biographie sur un inventeur génial mais raté, dont la personnalité hors norme le conduit lentement mais sûrement à sa chute. Pour cela, le narrateur a utilisé un ton décalé, parfois glaçant, parfois ironique, si bien que le lecteur a l'impression que le véritable héros du roman n'est pas le bon...Tout le temps partial, le narrateur narre la vie de Grégor, "désagréable et sûr de lui comme il est,habité par une idée de sa personne aussi haute que son dédain pour autrui." Seulement, ce Grégor est l'inventeur des rayons X, de la TSF, et du courant alternatif. Cependant, incapable de protéger ses trouvailles et faisant peu de cas des considérations matérielles, d'autres lui volent allégrement ses idées et en profitent. Perclus de troubles obsessionnels (propreté, multiple de 3, contact physique), il passe son temps à passer d'une idée à une autre sans toutefois réussir à en profiter. Capable de tout, même du pire pour qu'on ne l'oublie pas (le passage sur les martiens en est symptomatique), Grégor perd ce qui lui reste de réputation...J'avais quitté Jean Echenoz avec "je m'en vais", et je le retrouve quelques années après avec plaisir. Le style est toujours aussi simple, mais s'y est ajoutée une pointe d'humour qui ne m'avait pas marquée auparavant. On sent que l'écrivain a pris plaisir à écrire cette histoire en partie véridique et il n'hésite pas à donner son avis sur cet homme qu'il admire pour son génie, mais dont il se moque pour ses obsessions (le pigeon par exemple). L'ensemble est agréable à lire de bout en bout justement grâce à ce ton décalé jamais agaçant. A découvrir.
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