Livre associé à la critique
Une bonne raison de se tuer Philippe BessonVous êtes sur le profil de Tasha LN
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CritiqueÇa se passe à Los Angeles, une ville où tout le monde se regarde dans la glace mais où personne ne vous regarde. Laura, une femme de 45 ans, divorcée, ne vit plus qu'avec ses souvenirs. Samuel, même âge et même situation, veut échapper aux siens. Le soir même, elle compte mettre fin à ses jours. Lui, dans l'après-midi, doit enterrer son fils de 17 ans qui vient de se pendre. Rien de hollywoodien dans leur quotidien, ni dans leurs pensées. Leur malheur semble calme comme une feuille flottant sur un étang. Ils mènent des existences quasi monacales. Leurs rêves, désormais, semblent aussi vierges qu'une page blanche. Parfois, quand l'un de ses deux fils apparaît, Laura a l'impression que le soleil sort des nuages. Mais ça ne dure que le temps qu'ils la tapent de quelques dollars... D'habitude, dès qu'un problème frappe à la porte, Samuel file par la fenêtre. Là, il est tétanisé face au chagrin. Et personne ne leur accorde la moindre attention, ni à l'un ni à l'autre. On est un mardi, en novembre. L'Amérique vote. En début de soirée, un Noir sera peut-être élu président. Les malheurs de Laura et Samuel ne touchent personne. Pourtant, le hasard s'en mêle. Leurs destins vont se croiser. Pour un instant ou pour la vie ? C'est tout le mystère de ce livre qui se lit d'une traite et qui rappelle un peu "Une journée particulière" d'Ettore Scola, quand un homme et une femme éloignés de tous et de tout se rencontrent à l'heure où tout Rome acclame Hitler et Mussolini. Là aussi, dans ce décor de carte postale et de feuilleton télévisé, quand les grandes joies oublient les gens, ceux-ci se contentent de petites, toutes petites... Parfois, ils se complaisent dans leurs souvenirs, et parfois ils tentent de dédaigner leurs sentiments douloureux. De toute manière, leur malheur n'atteindra personne... L'encre de cette histoire est une petite pluie mélancolique qui fait de ce livre quelque chose de très triste et de très doux. Et une bonne raison de le lire...














