Livre associé à la critique
Une affaire conjugale Eliette AbécassisVous êtes sur le profil de Virginie Neufville
"La croissance intellectuelle et morale n’est pas moins indispensable que l’amélioration matérielle. Savoir est un viatique, penser est de première nécessité, la vérité est nourriture comme le froment. Une raison, à jeun de science et de sagesse, maigrit. Plaignons, à l’égal des estomacs, les esprits qui ne mangent pas. S’il y a quelque chose de plus poignant qu’un corps agonisant faute de pain, c’est une âme qui meurt de la faim de la lumière." Victor Hugo, *Les Misérables*, Partie VI, chapitre 7, 1862.
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CritiqueAgathe et Jérôme divorcent. Rien de plus banal me direz vous dans une société où aujourd'hui un couple sur deux ne vieillit pas ensemble et où la norme devient petit à petit la famille recomposée. Mais Agathe et Jérôme divorcent et tout se passe mal. C'est un pervers narcissique (selon la psychiatre) et elle c'est une "nunuche" un brin naïve qui a tout supporté pour que ses enfants aient encore un foyer. Oui, mais à quel prix? lorsqu'on est soutien financier, amante délaissée, défouloir moral, il arrive un moment où Agathe atteint les limites du supportable...L'auteur prend le prétexte des nouvelles technologies comme fil d'Ariane du récit. Entre faux profil Facebook pour soutirer les vers du nez au mari, caméra numérique dans la salle à manger pour surveiller la moitié détestée, et portable aux multiples sms, je me suis demandée "et quand il n' y avait pas tous ces mouchards, les gens divorçaient quand même non?" Si bien que je me suis noyée dans cet amoncellement de rancœurs entre les deux partis, en essayant, comme leurs jumeaux, de trouver un peu d'air...
"Le plus terrible, dans la fin de l'amour, ce n'est pas cesser d'aimer, c'est ne plus être désirée. Et, même quand on n'aime plus, la blessure narcissique reste ouverte, telle une plaie béante." Agathe se rend compte que le divorce est la preuve de l'échec, mais c'est un passage salutaire pour une femme comme elle qui s'efforçait de faire l'autruche. Cependant, Jérôme et Agathe sont stéréotypés à l'excès. Ils ne font pas avancer l'histoire. Ils divorcent, ils se font des coups bas, ils s'insultent, et pendant ce temps le lecteur s'enlise et s'ennuie. Et après? Le passage au tribunal et la décision du mode de garde prennent deux pages seulement, si bien qu'on a une impression de fin bâclée. Ainsi pendant presque 320 pages, le lecteur se transforme en voyeur pathétique d'un couple qui n'aurait jamais du se marier. Dommage.















