Livre associé à la critique
Fragments d'une femme perdue Patrick Poivre d'ArvorVous êtes sur le profil de Léna Margerie
Chaque lecture est un acte de résistance. Une lecture bien menée sauve de tout, y compris de soi-même. [Daniel Pennac]
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Critique
Dans Fragments d’une femme perdue, PPDA raconte la relation passionnelle d’un homme, Alexis, et d’une femme fatale, Violette. Fatale ? Le mot est bien vite lâché. Vénéneuse est plus juste. Perdue ? C’est elle qui se perd elle-même… Cruelle et fragile à la fois, faible. Se précipitant dans les bras d’hommes pernicieux, au dessein pervers, elle en oublie tout le reste, au point de blesser profondément, d’entraîner dans le vide ceux qui l’aiment, qui voient en elle ce qu’il y a de beau, si tant est qu’il y ait quelque chose de cette nature. Alexis est sa principale victime. Tombé fou amoureux d’elle, il sombre à son tour, perdant tout contrôle. Cette femme pleine de charme, si belle qu’elle attire à elle tous les hommes, lui en fait voir de toutes les couleurs. Tromperies à répétition, mensonges incessants, elle le détruit à petit feu. Alexis au début espère, se voile les yeux, ne veut pas y croire. Puis il doit bien faire face à la vérité, mais lui pardonne. Espère toujours qu’elle changera. Lorsqu’elle réitère, lorsqu’il sait qu’il ne peut en aucun cas lui faire confiance, il met un genou à terre. Mais l’amour est aveugle, il l’aime toujours. Entraîné dans le tourbillon infernale de cette femme, il ne peut vivre avec elle ni sans elle. « Ni avec toi si sans toi ».
PPDA nous entraîne ainsi à la découverte de ce couple singulier, et le lecteur plonge dans leur intimité. Trop parfois, presque jusqu’au voyeurisme. Même si l’amour charnel fait partie intégrante de la vie de Violette (la contrôle même ?) nombreuses sont les scènes d’érotisme qui ne se justifient pas. Le ton est donné dès la première, relatant un striptease très particulier. Le récit est ensuite construit de façon étonnante ; les fragments de cette femme perdue, se sont ces brides de récits, ces lettres qui composent le roman morcelé, fragmenté. Les personnages gravitant autour d’elle en sont les narrateurs, chacun apportant son point de vue sur cette femme si spéciale, si difficile à cerner. La lecture en est parfois fastidieuse mais l’écriture entraînante. Ce qui ressort peut-être le plus de ce roman, est la peur de croiser, de rencontrer un jour, une femme de la nature de Violette, qui détruit tout sur son passage.














