Livre associé à la critique
Le tôkaidô de Hiroshige Jocelyn BouquillardVous êtes sur le profil de Victoire Nguyen
Il est de la littérature comme de la Voie. Etre, c'est ne pas être; ne pas être, c'est être. "Plein" et "vide" sont des catégories de la pensée (...) si l'on considère la littérature comme une voie parmi tant d'autres, afin de se perfectionner, on ne se sera pas trop trompé... " Nguyen Huy Thiêp
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résumé du livreVous avez dans ce livre les illustrations des principales oeuvres de ces 53 relais. A chaque fois, ces oeuvres sont commentées. On voit une forte prédominance pour les thèmes se rattachant à la nature avec un choix judicieux des couleurs afin que le lecteur puisse savourer ce festin de lumière et de motifs. Quand on s'attarde sur ces estampes, on pense de suite à "ce monde flottant" décrit par Asai Ryoi en 1661 " Vivre seulement l'instant présent, savoir se donner tout entier à la contemplation de la lune, de la neige, des cerisiers en fleurs et des érables rougeoyant, chanter, boire, se divertir..."
Quelques mots sur l'auteurHiroshige est né en 1797 et est décédé en 1858. Il manifeste dès l'enfance des aptitudes pour le dessin. Il va recevoir la charge prestigieuse d'officier de la Brigade de feu d'Edo. Ce travail lui permet de se consacrer à ses loisirs favoris: l'art, le dessin. Il a très tôt rejoindre l'atelier d'Utagawa Toyohiro qui lui enseigne l'art de peindre le paysage et la nature. Son voyage sur la route du Tôkaidô l'amène à l'immortaliser par son talent dans ses estampes. Il va peindre aussi les perspectives du Mont Fuji. Il mourra en 1858 du choléra non sans laisser paraît-il ce poème :" Derrière moi, à Edo/ Je laisse mon pinceau/ En route pour un nouveau voyage/ Laissez-moi admirer/ Toutes les vues célèbres du Paradis"
CritiqueCe n'est pas bien sûr un roman ni un récit témoignage. C'est juste un petit ouvrage magnifique qui donne à contempler les 53 relais du Tôkaidô (Tôkaidô gojûsan tsugi) de Hiroshige . Le Tôkaidô est le chemin de pèlerinage, de visites, de voyages qui va d'Edo, l'actuel Tokyo (le point de départ) à Kyôto, le point d'arrivée. A chaque étape (on compte environ 500 km séparant les deux citadelles) le peintre japonais en fait un motif pour son art avec toujours en arrière fond, le mont Fuji, élément naturel qui l'a toujours fasciné. On remarque le présence de la perspective dans l'estampe japonaise datant de cette époque. Ce qui n'était pas le cas des productions antérieures. Ceci est dû à l'ouverture du Japon vers l'Ouest. De ce fait, l'apport occidental a joué un rôle important dans la "redimension" de l'espace et donc de la perspective. Dans ce livre, on voir apparaître aussi en filigrane l'opposition de deux mondes qui pourtant se complètent (car il n'y a pas réellement de manichéisme dans le monde asiatique: tout ne s'oppose qu'en apparence): le monde terrestre, éphémère représenté par les personnages et la nature et le monde sacré, immuable dont la partie visible est la beauté, la spiritualité.















