Il est de la littérature comme de la Voie. Etre, c'est ne pas être; ne pas être, c'est être. "Plein" et "vide" sont des catégories de la pensée (...) si l'on considère la littérature comme une voie parmi tant d'autres, afin de se perfectionner, on ne se sera pas trop trompé... " Nguyen Huy Thiêp
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Critique"Les fables" de Jean de La Fontaine est un chef d'oeuvre de la littérature française tant par son style, sa forme que par sa puissance critique à l'endroit de la monarchie de droit divin.
Avec ses fables, Monsieur de La Fontaine inaugure un genre sur lequel se penchent, exténuées, les tête de nos écoliers et de nos étudiants apprentis critiques littéraires. L'apologue loue ici le récit apparemment plaisant, enfantin des tours joués par Renard à Maître Corbeau. On rit de la duperie réussie. On sourit devant la vantardise du Roi Lion (Non celui de Walt Disney bien sûr), les courbettes de ses courtisans. On éprouve de la compassion devant l'agneau ou l'âne, cet animal, trop sincère, bouc-émissaire offert en sacrifice pour calmer la peste qui sévit le royaume. Tous ces récits racontent une histoire qui plaît aux enfants. Mais pas seulement, car derrière le récit inventé et inventif, La Fontaine donne toujours une portée morale. D'ailleurs cette morale est prise très au sérieux comme le montre à chaque fois (sauf quelques exceptions près) la présence du "je" de l'énonciation dans son dire. Il assume. Et mieux: il le revendique. Et c'est là que son oeuvre devient encore plus intéressant.
"Les Fables" sont alors dotées d'une dimension critique concernant sa société et ses contemporains. Protégé de Fouquet, il est le mieux placé pour mesurer le pouvoir tyrannique de Louis XIV. D'ailleurs, subtilement, il le raille et raille tout Versailles dans les figures figées du roi Lion et ses suivants. Le procédé de l'animalisation est un moyen stylistique de mettre en exergue les iniquités de l'époque du Roi Soleil qui fait et défait les fortunes tel le Dieu du Destin. Fouquet en sait quelque chose...
Il me plaît de le relire, lui et d'autres tels que Saint Simon, La Bruyère ou encore le Duc de La Rochefoucault. Tous ont décrit avec une ironie cinglant les maux de leur siècle.
Je suggère aussi à tous de visualiser le film dans lequel Lorant Deutsch joue le rôle de La Fontaine. Je crois que le titre du film est "Jean de la Fontaine". Il est produit, me semble-t-il en 2007. Sinon corrigez-moi afin de donner aux lecteurs le titre exact.
Relisez donc ces classiques. Vous ne pouvez que les aimer. Et puis, c'est tout de même très moderne. A l'heure du politiquement correct, et du triomphe de l'image, de la communication et de l'opportunisme, le lecteur retrouve dans ces oeuvres l'essentiel, les fondamentaux: l'intelligence et l'esprit critique qui nous manquent tant dans le siècle de la technologie.
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