Livre associé à la critique
Antigone Jean AnouilhVous êtes sur le profil de Virginie Neufville
"La croissance intellectuelle et morale n’est pas moins indispensable que l’amélioration matérielle. Savoir est un viatique, penser est de première nécessité, la vérité est nourriture comme le froment. Une raison, à jeun de science et de sagesse, maigrit. Plaignons, à l’égal des estomacs, les esprits qui ne mangent pas. S’il y a quelque chose de plus poignant qu’un corps agonisant faute de pain, c’est une âme qui meurt de la faim de la lumière." Victor Hugo, *Les Misérables*, Partie VI, chapitre 7, 1862.
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CritiqueA travers cette pièce, Anouilh dénonce l'absurdité du destin de l'héroïne. Qu'elle le veuille ou non, elle terminera sa vie emmurée sur décision de son oncle. Les personnages savent d'avance qu'ils ne peuvent rien faire, qu'ils ne peuvent pas lutter contre l'issue fatale, ainsi en a décidé la tragédie, et plus profondément le mythe.
Antigone dit elle même qu'elle ne sait pas vraiment pourquoi elle doit enterrer Polynice alors qu'elle n'était pas très attachée à son frère. Elle doit, c'est tout, c'est plus fort qu'elle.
Avec ses accents contemporains (Polynice en chef de bande chevelu...), Anouilh annonce l'intemporalité du mythe, et avec son issue en tout point identique à celle de Sophocle, on pourrait croire qu'il ne fait que préserver l'immortalité du mythe et la force du destin. Pourtant, ses personnages sont des "pantins" accomplissant un acte qui les dépasse et dont ils ne mesurent pas toute la portée. Ainsi, Antigone, dès le début de la pièce est un personnage résigné et perdu, obéissant à un ordre qu'elle ne comprend pas dans toute sa dimension. Anouilh a fait de ce mythe grec une pièce très actuelle qui remet en cause le fonctionnement de la tragédie classique.















