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Critique de "Cahier d'un retour au pays natal"

Sa note:
Aimé Césaire : le cri du poète 28/09/2012 par
Cette critique a été lue 592 fois
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CritiqueC'est le cahier d'un retour au pays natal qui fera l'objet de ce petit billet.

Ce modeste commentaire n'a d'autre but que d'inviter le lecteur à mieux connaître et apprécier la poésie d'Aimé Césaire qui reste une œuvre reconnue, tant par son message engagé que par la beauté de son écriture.

Car " sa poésie est étrangement difficile, pas populaire du tout... au vocabulaire si vaste qu'on peut rarement saisir un poème sans l'aide préalable du dictionnaire " écrira Lilyan Kesteloot, spécialiste de la littérature négro-africaine.

Cahier d'un retour au pays natal ; le texte est connu, notamment pour la répétition de la fameuse formule " Au bout du petit matin... ", véritable sésame d'entrée de l'ouvrage.

L'auteur rentre au pays, son île natale, la Martinique, à la fin de ses études supérieures en France métropolitaine, et y découvre avec dégoût une certaine laideur.

Le texte débute donc avec l'évocation familiale liée à l'enfance du narrateur, et la peinture de la misère :

" Au bout du petit matin, une autre petite maison qui sent très mauvais dans une rue très étroite, une maison minuscule qui abrite en ses entrailles de bois pourri des dizaines de rats et la turbulence de mes six frères et soeurs, une petite maison cruelle dont l'intransigeance affole nos fins de mois et mon père fantasque grignoté d'une seule misère, je n'ai jamais su laquelle, qu'une imprévisible sorcellerie assoupit en mélancolique tendresse ou exalte en hautes flammes de colère; et ma mère dont les jambes pour notre faim inlassable pédalent, pédalent de jour, de nuit, je suis même réveillé la nuit par ces jambes inlassables qui pédalent la nuit et la morsure âpre dans la chair molle de la nuit d'une Singer que ma mère pédale, pédale pour notre faim et de jour et de nuit. "

Mais le Cahier d'un retour au pays natal, qui fut considéré comme l'hymne des Noirs du monde entier, révèle et crie également le drame de la race :

" Au bout du petit matin, au-delà de mon père, de ma mère, la case gerçant d'ampoules, comme un pêcher tourmenté de la cloque, et le toit aminci, rapiécé de morceaux de bidon de pétrole, et ça fait des marais de rouillure dans la pâte grise sordide empuantie de la paille, et quand le vent siffle, ces disparates font bizarre le bruit, comme un crépitement de friture d'abord, puis comme un tison que l'on plonge dans l'eau avec la fumée des brindilles qui s'envole... Et le lit de planches d'où s'est levée ma race, tout entière ma race de ce lit de planches, avec ses pattes de caisses de Kérosine, comme s'il avait l'éléphantiasis le lit, et sa peau de cabri, et ses feuilles de banane séchées, et ses haillons, une nostalgie de matelas le lit de ma grand-mère. "

A la description succédera le réquisitoire contre l'Europe colonisatrice, puis la révolte et la fierté de la Négritude (re)trouvée.
" Et elle est debout la négraille...
debout
et
libre "

Pas de rime, peu de ponctuation : ces deux caractéristiques rappelant l'influence artistique du surréalisme.

Ce cahier d'un retour au pays natal est l'œuvre d'un homme dans la force de l'âge et qui garde à l'esprit la dimension universelle de son cri :
"Vous savez que ce n'est point par haine des autres races
que je m'exige bêcheur de cette unique race
que ce que je veux
c'est pour la faim universelle
pour la soif universelle"


Pour les lecteurs de la poésie d'Aimé Césaire, ce petit lexique des principaux termes césairiens (merci à Lilyan Kesteloot) :

Esclavage = ferrements

Blancs oppresseurs = molosses

La traite et l'exil = l'arrachement

La civilisation occidentale = dividendes

Espoir et le bonheur = lucioles

Afrique ancestrale = bambara

Agressivité révolutionnaire du nègre = tam-tam

Révolution purificatrice = orage

Régénérescence, renaissance de la race = colibri

Energie vitale = soleil

BONNE LECTURE.

Jean-Pierre MAURICE

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17/04/2014

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