Florence Aubenas - Biographie
Florence Aubenas est née à Bruxelles en 1961. Fille d’un ancien Diplomate à la Communauté économique européenne et d’une critique de cinéma, elle se destine très tôt à la carrière de journaliste. Après des études au CFJ à Paris (promotion 1984), elle collabore au Matin de Paris, au Nouvel Economiste, puis entre à Libération, en 1986. Elle y fait une grande partie de sa carrière. Reporter énergique, curieuse, et impatiente devant l’urgence de l’actualité, Florence Aubenas s’en va, carnet en main, dans des pays en guerre, au Rwanda, au Kosovo, en Irak, et partout où ça chauffe : Algérie, Afghanistan, banlieues difficiles. Dans la carrière de la journaliste, il y a un avant et après 2005. Le 5 janvier de cette année-là, lors d’un reportage sur les réfugiés de Falloujah en Irak, elle est prise en otage avec Hussein Hanoun, son chauffeur, guide et interprète. Suivent 157 jours de captivité, dans une cave d’un mètre cinquante de hauteur, sans lumière. Rebaptisée par ses geôliers « Leila » ou « Numéro 6 », elle passe cinq longs mois les yeux bandés, condamnée à ne prononcer que 80 mots par jour. Pendant ce temps-là, « dehors », Florence Aubenas qui vivait dans l’ombre de ses investigations, fait la Une de l’actualité. On compte les jours de son calvaire. Il prend fin, enfin, le 12 juin 2005. Et la journaliste est libérée. Quelques conférences de presse, quelques interviews, puis la reporter reprend sa vie d’avant. En octobre 2005, elle publie un livre qui fait grand bruit, « La Méprise » (Seuil). Il ne s’agit pas de l’Irak, mais du procès Outreau, que la journaliste avait couvert pour Libération en 2004. Le livre, qui raconte les manipulations, affabulations et erreurs judiciaires d’Outreau, est vendu à 50 000 exemplaires. En 2006, Florence Aubenas quitte Libération pour le Nouvel Obs, où elle couvre de grands sujets de société : justice, usines en grève, précarité… Quand une question l’effleure : le journalisme, la distance et l’analyse suffisent-ils pour embrasser le réel et rendre compte des maux de la société ? Non, selon Florence Aubenas, qui décide de prendre un congé sabbatique pour explorer une Terra Incognita : la France esclave de la pauvreté. Elle se teint les cheveux en blond et refait son cv, où le Bac est sa seule compétence. Direction Caen, le Pôle Emploi, où elle se présente comme chômeuse. Là, on ne lui propose non pas un travail, mais des « heures » de travail comme femme de ménage sur le ferry qui traverse la Manche. De ces mois en immersion totale dans la misère et la fatigue physique, Florence Aubenas tire un témoignage coup de poing : « Le quai de Ouistreham » (L’olivier). Publié en février 2010, le livre devient très vite un best-seller.












