Yom Kippour, nouvel an... les fêtes juives expliquées en librairie
07/10/2011
Dans le judaïsme, les dix jours les plus festifs de l’année, amorcés par le nouvel an jeudi 29 septembre, se poursuivent ce samedi 8 octobre avec les fêtes de Yom Kippour, jour du Grand Pardon. Comment le peuple juif, de Paris à New-York en passant par Rome, Moscou ou Tel Aviv, peut-il préserver de telles traditions dans une société dont on ne cesse de déplorer l'individualisme ? Quel sens donner à une telle persistance des pratiques, dans un monde "en perte de sens" (dit-on) ? Autant de questions mystérieuses soulevées par trois études vivantes et pédagogiques de la pensée et des traditions juives aujourd'hui.
Un "supplément de vitalité"
A commencer par le Rav Adin Steinsalz, un habitué du genre, qui publie ce mois-ci une Introduction à l’esprit des fêtes juives chez Albin Michel. Lauréat, en 1998, du prix Israël, la plus grande décoration israélienne, Adin Steinzaltz est reconnu dans le monde entier pour sa traduction du Talmud de Babylone, en hébreu moderne, puis en anglais, en espagnol, en français et en russe. Il déroule ici, mois après mois, de façon vivante et érudite, le calendrier sacré du judaïsme et commente en détails les différentes célébrations qui rythment l’année : le shabbat, tous les vendredis soirs, le nouvel an juif, la fête de Hanoukka – fête des Lumières, proche du Noël chrétien – ou encore le jeûne de Kippour. Une façon de faire connaître le sens de ces traditions archaïques et, explique-t-il, de "dresser un bilan spirituel, de procéder à un nouvel examen, réveillant en nous un sentiment de joie, quelquefois de peine, mais nous apportant in fine un supplément de vitalité".
Des questions juives aux problèmes universels.
C’est dans cette même démarche de joie et de partage que le Rav Gérard Zyzek publie, de son côté, un livre intitulé Le désir des désirs. Le Talmud, nouvelles perspectives (Editions Lichma). Une série d’études, "purement talmudiques, qui s’adresserait toutefois au public le plus large". Structuré autour des notions de plaisir, de justice et de l’âme humaine, ce livre a pour vocation de soulever des questions universelles et intemporelles de l'existence pour faire émerger la joie de la compréhension. Quel est le sens de l’éducation ? Quelle place donner à nos pulsions ? Pourquoi les justes souffrent-ils ? Autant d'interrogations qui tiennent compte de l’imperfection de l’âme humaine, permettant à "tout un chacun, même à la personne la plus éloignée de toute connaissance juive, de goûter par son étude l’ambiance intense de discussion et d’interrogation qui se vit dans les maisons d’études talmudique".
Méditations interreligieuses
Pour conclure ces lectures spirituelles par quelques méditations nocturnes, on se tournera vers le grand rabbin de France Gilles Bernheim et on découvrira son recueil de Quarante méditations juives, paru chez Stock. Connu pour sa discrétion et son érudition, le rabbin Bernheim apparaît comme une figure de l’ouverture, engagé depuis le début de sa carrière en faveur du dialogue entre juifs et chrétiens. Un dialogue auquel il consacre de nombreux passages de son livre en étudiant les liens entre "le Shabbat juif et le dimanche chrétien", ou entre les textes, les miracles communs et les différences de ces deux religions. Mais c’est aussi dans la culture universelle – biblique et littéraire - que Gilles Bernheim puise les sources de ses réflexions sur des thèmes aussi délicats et personnels que la "fidélité", la "séduction", le "silence", la "fécondité", mais aussi la "vieillesse", la "mort" et le "deuil". Autant de questions qui invitent à "atteindre en soi ce qui vous fait autre et semblable à tous les autres".
















