Voyage graphique dans le monde de glace de Mäko
12/01/2012
Mäko entraîne les lecteurs dans son univers : une banquise en danger où les scuptures de glace sont synonymes d’espoir. S’il ne s’agit pas d’un plaidoyer écolo, cet album alimente de façon ludique l’imaginaire des enfants et leur réflexion sur des thèmes actuels.
L’auteur en un clin d’œil : Professeur d’arts plastiques, Julien Béziat a reçu pour Mäko la Pépite du premier album du Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil 2011. En savoir plus sur Julien Béziat.
Interview. 3 questions à Julien Béziat.
MyBoox : Comment est née l’histoire du morse Mäko ?
Julien Béziat : J’ai pensé l’histoire en images, en l’inscrivant d’abord dans un lieu : la banquise. Ce décor me plaisait parce qu’il faisait référence aux dangers écologiques, mais aussi parce que d’un point de vue graphique, je trouvais intéressant la confrontation entre cet espace blanc infini et cette eau plus sombre qu’elle recouvre.
J'ai ensuite dessiné le personnage de Mäko, ce morse imposant se déplaçant de façon un peu bancale, avec des défenses que j'ai tout de suite imaginées comme des sortes d'outils naturels servant à graver ou sculpter la glace.
Le texte est arrivé après, comme un fil conducteur auquel les enfants peuvent se rattacher. Il est finalement très sonore, avec ce "CRRAC !" de la banquise qui se brise notamment, et se prête donc bien à la lecture à haute voix.
Quels sont les principaux thèmes abordés dans Mäko et comment les traitez-vous ?
Il y a bien sûr une dimension écologique avec la fonte des glaces, mais elle est évoquée sans morale et il s’agit davantage d’une porte d’entrée pour lancer une réflexion sur cette question que d’une histoire à vocation purement pédagogique.
L'album parle aussi du pouvoir de l'imagination, qui donne vie aux choses et fabrique des mondes. Un imaginaire propre aux artistes mais aussi aux enfants.
Au-delà de ces thèmes, j'espère que les situations et les personnages du livre amuseront et feront sourire les petits comme les grands.
Vous avez été primé pour ce premier album. Cela vous a-t-il donné envie de continuer à écrire et illustrer pour la jeunesse ?
J’ai été ravi de recevoir ce prix qui est un beau coup de projecteur pour le livre. Je vais par ailleurs le présenter aux Escales du Livre de Bordeaux au printemps prochain. En attendant, une exposition des dessins originaux sera proposée à la librairie bordelaise Comptines du 16 février au 10 mars. Quant à la suite de mon aventure éditoriale, elle a déjà commencé puisque je travaille actuellement sur un autre projet d’album jeunesse.
La page à corner : Construite comme une "image miroir", la double page reproduisant la banquise brisée (p.14-15) retient particulièrement l'attention. Avec son format panoramique et ses contrastes forts entre les couleurs de la banquise, du ciel et de l’eau, mais aussi entre les découpes anguleuses de la glace et les formes arrondies des animaux, elle est un bel exemple des effets que multiplie Julien Béziat, notamment en jouant sur la symétrie et les répétitions, ou en introduisant des images cachées dans ses illustrations.
Virginie Gruenenberger
















