• Accueil /
  • Les articles /
  • Valérian et Manu Larcenet : la science-fiction rencontre le potache
Valerian par Manu Larcenet

Valérian et Manu Larcenet : la science-fiction rencontre le potache

09/12/2011

Manu Larcenet s’attaque à un monument de la bande-dessinée de science-fiction. Les aventures de Valérian, space-opéra initié dans les années 70 par Christin et Mézières, sont confiées à l’auteur du Combat ordinaire et de Bill Baroud le temps d’un one-shot tonitruant. 

 

L'auteur en un clin d'oeil : Primé par le Festival d'Angoulême pour Le combat ordinaire (Dargaud), Manu Larcenet poursuit aujourd’hui plusieurs projets dont Le retour à la terre avec son ami Jean-Yves Ferri au scénario. En savoir plus sur Manu Larcenet

 

Pourquoi on aime : Les deux poivrots sont accoudés au comptoir, occupés à refaire le monde dans ses dimensions intersidérales en s’envoyant godets sur godets : "Aaah ! Mais tu comprends pas ?! L’espace, c’est… C’est le mystère, les dernières frontières inviolées… C’est l’aventure !!". Et si derrière ce masque de couperose et ces manières d’intellectuel du ballon rouge, se cachait un héros, un vrai, comme dans les films ? 

 

 

L’homme ordinaire est en fait Valérian, amnésique enfermé dans un corps sordide. Son destin est sans pareils, sa copine Laureline trop canon, sa mission périlleuse : il doit débarrasser l’univers du terrible Jakolass, qui gouverne depuis la prison la plus terrible qui soit. Manu Larcenet s’empare ici de la partition science-fiction de Christin et Mézières comme le bluesman d’un standard. Son Valérian est un alcoolique qui souffre de bloblote ; son vaisseau spatial est camouflé sous une épicerie dont le tenancier ressemble à s’y méprendre au célèbre Ali du Combat ordinaire. 

 

 

On retrouve Manu Larcenet dans son domaine premier, cet humour potache qu’il développait à foison chez Fluide Glacial avec Le guide la survie en entreprise et son merveilleux "Sexual Friday". Ou encore dans Bill Baroud, l’agent secret qui n’a rien à envier à la crétinerie d’OSS 117 ou aux frasques du Grand détournement, de Michel Hazanavicius.

 

 

Détournement, Valérian par Manu Larcenet est aussi une respiration dans l’écriture de Blast, entreprise cathartique dont chaque tome comporte quelque deux-cents pages. C’est même un souffle d’air, pour le meilleur et pour le rire.

 

La page à corner : Pour éviter tout spoiler, commençons par le début, qui donne le ton : les deux piliers de comptoir discutent habilement univers et langue française. L’un vient de déclamer une ode à l’univers, l’autre lui répond.

 

"- C’est un « S »

- Quoi ?!

- « J’écris ton nom ». C’est avec un « S ». Pas un « T ».

- Alors je m’ouvre à toi, je jette en pâture mes vers les plus intimes, je mets mon cœur à nu et toi tu ne vois qu’une faute d’orthographe… Technocrate ! 

- De conjugaison… c’est une faute de conjugaison."

 

Nicolas Guyonnet

 

  • Envoyer
  • S'abonner
  • Imprimer
  • Partager :
  • Ajouter aux favoris
  • Partager sur Facebook
  • Partager sur Twitter
  • Partager sur Myspace
  • Partager sur Delicious
  • Partager sur Technorati
  • Partager sur Wordpress
  • Partager sur Typepad
  • Partager sur Digg
  • Partager sur Google
  • Partager sur Netvibes
Recommandations du Club de lecture BD
  • Mattéo Tome 2
    THIERRY COUSTEIX

    THIERRY

    Officiel 317 livres

    Mattéo Tome 2 Recommandé par THIERRY COUSTEIX

    1917. Toujours déserteur, venu clandestinement d’Espagne où il s’était réfugié, Mattéo ...

Critiques du Club de lecture
  • Valérian Tome 1 : L'armure du Jakolass
    Christophe Dumoulin

    Christophe

    6 livres

    Le port de la moustache, une nouvelle tendance L’avis de Christophe Dumoulin sur Valérian Tome 1 : L'armure du Jakolass

    René Pérouillaud refait le monde assis au comptoir derrière son verre de rouge. Ca tombe bien, ...

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité