Un mystère Zweig
19/05/2010
Stefan Zweig. L’ami blessé, biographie parue en 1996 est rééditée ces jours-ci chez Grasset. Dominique Bona y trace le portrait d'un homme qui continue de captiver les esprits.
"Il y a un mystère Zweig …", écrit Dominique Bona, qui s'est exercée à le percer."Comment cet écrivain des années trente, grand bourgeois, choyé par les élites, épris de culture et de valeurs classiques peut-il figurer encore dans les listes des meilleures ventes"? s'interroge-t-elle.
Mais il n'y a pas que le "mystère" Zweig qui intéresse Dominique Bona. Il y a aussi l'homme. Elle est donc partie à sa recherche, à Vienne, à Salzbourg, et au Brésil, à Petropolis.
Elle nous livre ici le Stefan Zweig des premières années, qui a grandi dans une famille riche et moderne sous le ciel paisible de Vienne, à l'heure de la Belle Epoque. Elle nous raconte ensuite la jeunesse heureuse d'un Autrichien réservé et timide, à l’aube des tourments du XX siècle, sa vocation littéraire « solide et tenace ».
Elle n'oublie pas ses amitiés (Romain Rolland, Thomas Mann, Joseph Roth), ses aventures cachées, ses liaisons provisoires, ses rencontres secrètes (« des prostituées, des cousettes, des lingères et des étudiantes »).
Sous la plume de la biographe, on découvre un Zweig bourré d'inquiétudes, qui refuse radicalement la paternité (« il ne veut d’aucune chaîne, d’aucune responsabilité »). On lit également son désespoir, la complexité de son âme « nouée de contradictions, de peurs et d’hésitations », et son ardente volonté de devenir un homo pro se - "homme pour soi seul".
















