Sophie et Léon Tolstoï à l’honneur de la rentrée littéraire
06/09/2010
Parmi les 701 romans de cette rentrée 2010 se glisse un grand classique du XIXème siècle. A l’occasion du centenaire de la mort de Léon Tolstoï, les éditions des Syrtes et les éditions Albin Michel publient chacune une nouvelle traduction de La Sonate à Kreutzer de Léon Tolstoï, accompagnée d’une œuvre inédite de Sophie Tolstoï, son épouse.
Dès sa parution en 1891, La Sonate à Kreutzer de Léon Tolstoï a fait grand bruit. Pozdnychev, un bourgeois misogyne et jaloux compulsif, n’aime sa femme que pour son physique. Le jour où un homme s'approche d'un peu trop près, il la tue. Tolstoï s’inscrit dans les mœurs de l’époque en s’en prenant aux femmes accusées de distraire les hommes par leurs charmes, de les pousser à la luxure.
Mais en recopiant ce manuscrit pour sa publication, Sophie Tolstoï, sa femme, est profondément blessée par la teneur de ces propos. Elle répond alors en écrivant sa propre fiction, À qui la faute, roman d’une femme. Dans ce roman, moderne et raffiné, elle reprend la même trame narrative que son mari dans La Sonate à Kreutzer en y introduisant son point de vue féminin. A travers le personnage d’Anna, une jeune fille qui devient épouse, puis mère, elle analyse la souffrance féminine dans un monde misogyne, sa déception du mariage, et l’enfer du quotidien.
Coïncidence, les deux maisons d’éditions françaises se sont emparées au même moment de cette œuvre oubliée. Chez Albin Michel, c’est le dialogue conjugal qui surgit. L’éditeur a choisi de confronter les deux textes, en mettant en avant le roman de Sophie Tolstoï, accompagné d’une nouvelle traduction de la Sonate à Kreutzer.
Les éditions des Syrtes publient quant à elles, plusieurs ouvrages de la famille Tolstoï. Trois textes inédits viennent compléter la nouvelle traduction de La Sonate à Kreutzer : À qui la faute? et Romance sans paroles de Sophie Tolstoï ainsi que Le Prélude de Chopin de Léon Tolstoï fils.
À qui la faute? n'a été publié pour la première fois en Russie qu’en 1994 dans la revue «Octobre». Seize ans plus tard, le récit arrive en France dans deux versions différentes.

















