«Six mois, six jours» de Karine Tuil
07/09/2010
Il y a deux ans, Karine Tuil publiait La domination, l'histoire d'une grand éditeur qui demande à son auteur d'écrire un livre sur son père. Cette année, elle revient avec Six mois, six jours, un roman qui lui a été inspiré par un fait divers qui a defrayé la chronique il y a 3 ans.
Karl Fritz a 78 ans. Toute sa vie, il l’a passée au service des Kant, une riche famille d’industriels allemands. Mais voilà, après un demi-siècle de loyaux services, il est mis à la porte comme un malpropre. Furieux, il décide de tout révéler dans un livre: complots, affaires de mœurs, tromperies…
Car sous les ors de la réussite il y a un passé trouble et honteux. Günther Kant a fondé dans les années 1920 une entreprise spécialisée dans l'automobile qui n'a jamais cessé de prospérer. A qui la famille doit-elle sa réussite? Au grand-père qui avait épousé en premières noces la future Madame Goebbels? Aux centaines de juifs qu’il exploitait dans son usine durant la guerre? A ses amitiés avec les hauts dirigeants nazis?
Des années plus tard, les héritiers Kant tentent d’oublier ce passé nazi. Ils ne veulent pas payer pour les erreurs d’un grand-père qu’ils n’ont quasiment pas connu. Mais autour d'eux, certains en ont décidé autrement.
Pour Six mois, six jours, Karine Tuil s'est inspirée d'une riche famille d'industriels allemands qui ont fait la une des journaux allemands pendant l'année 2007. Les descendants de cette dynastie d’industriels ont du s’expliquer sur le passé nazi de l’entreprise familiale.
Mais Karine Tuil s’est efforcée d’aller au-delà du simple fait divers. Fidèle aux problématiques qui lui sont chères, elle s’interroge à son tour: comment l’acte d’un seul homme peut-il engendrer autant de drames? Doit-on s’excuser pour nos pères? Comment vit-on avec le crime en héritage?
















