Rencontre avec Laure Watrin : "Les Pintades passent à la casserole"
19/11/2010
Six ans après leur premier opus new-yorkais, les Pintades Layla Demay et Laure Watrin reviennent avec Les Pintades passent à la casserole, un « ethnoguide » culinaire entre Paris et New-York. Interviewée par MyBOOX, Laure Watrin nous dit tout de la vie de basse-cour et du grain que l’on y mange.
New-York. C’est là que nos deux volatiles en chef se sont rencontrés au début des années 2000. A l’époque toutes deux journalistes françaises expatriées, elles écument les bons plans et les grandes adresses de la Grosse Pomme quand leur vient une idée : « faire partager une peu de leur connaissance et de leur amour de la ville aux autres ».
« C’est là que l’on a commencé à imaginer ce concept un peu hybride, un livre à mi chemin entre l’étude de mœurs et le guide de voyage que l’on a par la suite baptisé ethnoguide » se souvient Laure. Les Pintades à New-York parait en 2004. Londres et Paris suivront, mais aussi Téhéran et Beyrouth parce que « les pintades ce ne sont pas seulement les filles branchées et glamour des grandes villes occidentales ».
Ce surnom, à priori peu flatteur, de pintade vous intrigue ? Laure s’explique : « au début on s’appelait comme ça pour rire, puis on s’est rendue compte que la pintade était le meilleur symbole de la femme moderne ». Preuve à l’appui, puisque nos deux volatiles sont même allées questionner un ethno zoologue qui leur a confirmé que, « dans certains pays d’Afrique, cette poule qui sait voler symbolise la femme émancipée ». En clair, « les Pintades c’est un peu la troisième voix du féminisme, celle qui dit qu’on peut être féminine et féministe ».
Contrairement aux autres publications de la collection, Les Pintades passent à la casserole ne se concentre pas sur une ville, mais sur un thème : « la bouffe », le péché mignon de Laure et Layla. Un livre gourmand donc, mais pas seulement. Car en comparant les modes de vie alimentaires de Paris et New-York, nos deux Pintades en chef dézinguent les clichés un à un.
Ainsi, au XXIème siècle, croire que les Etats-Unis sont le royaume de la malbouffe est une grossière erreur. Certes, « leur culture alimentaire a été laminée par l’agro industriel ». Pour autant, quand on regarde en arrière, il y a une vraie « culture culinaire américaine », que certains sont bien décidés à réhabiliter.
Quant à Paris, le temps où « le côté ampoulé de la Tour d’Argent » était de bon ton est dépassé. Maintenant, « les chefs descendent dans la rue, démocratisent la grande cuisine », et pratiquent des prix abordables. Qui plus est, « on parle toujours de New-York la cosmopolite, et on en oublie que Paris aussi a cette diversité sociologique et ethnique ». Contrairement aux idées reçues, « Paris ce n’est pas seulement la nappe à carreaux et la côté de bœuf », c’est aussi le marché africain de Château-Rouge, les restaurants de travailleurs migrants, et les petites adresses des quartiers populaires.
Dernier cliché battu en brèche par Laure et Layla : « il faut avoir de l’argent pour bien manger ». En effet, si l’on en croit Laure, « aller faire son marché c’est souvent moins cher que d’aller au supermarché du coin, surtout si l’on arrive à la fin du marché », quand tous les commerçants bradent. Alors plus d’excuses possibles : toutes à vos fourneaux !
Emma Aurange
















