Rébecca Dautremer revisite "Alice au Pays des Merveilles"

Quand Rébecca Dautremer revisite "Alice au Pays des Merveilles"

22/12/2010

 

Près de 150 ans après sa publication, Alice au Pays des Merveilles continue d’inspirer artistes, cinéastes, écrivains et illustrateurs. Après Tim Burton et Benjamin Lacombe, c’est donc cette fois au tour de Rébecca Dautremer, illustratrice pour petits et grands, de s’attaquer au chef d’œuvre de la littérature jeunesse en signant une nouvelle version illustrée du conte de Lewis Carroll (Gautier Languereau).

 

 

Côté scénario, c’est bien sûr la fidélité au classique qui est de mise. Assise au pied d’un arbre à écouter sa sœur lui faire la lecture, Alice s’ennuie ferme. Ses paupières se font lourdes et le soleil tape, quand soudain une drôle de vision la tire de ses pensées : un gros Lapin Blanc vient de passer en courant. « Oh, mon Dieu ! Oh, mon Dieu ! Je vais être en retard » s’exclame-t-il paniqué et galopant. Intriguée par le personnage, Alice ne peut résister à l’envie de se lancer à sa poursuite. Ce qu’elle ignore c’est que son ami aux longues oreilles va la conduire tout droit au Pays des Merveilles…

 

 

Une histoire sensiblement identique à l’original qui n’empêche cette Alice-ci d’être totalement différente des autres. Troquant ses longues boucles blondes pour un carré brun et une frange courte, sa robe de petite fille modèle pour quelques guenilles, elle surprend même tant elle est éloignée de l’imaginaire collectif et de la petite fille imaginée par Walt Disney en 1951. Tout comme le décor qui, s’il n’a rien perdu de son caractère onirique, semble lui aussi avoir changé de ton. Chez Rébecca Dautremer pas de couleurs flamboyantes ou enfantines mais des paysages tout droit sortis des toiles de maîtres flamandes. 

 

 

 

Alternant illustrations pleine page et croquis esquissés à la mine, Rébecca Dautremer réécrit donc sans complexes le conte de Lewis Carroll. L’occasion, pour ceux qui ne l’auraient pas encore fait, de découvrir cet univers tout en demi-teinte, aussi poétique que surréaliste, et toujours un brin mélancolique.

 

Emma Aurange

(© Rébecca Dautremer)

 

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