Quand les écrivains s’inspirent des séries télévisées
03/09/2010
Le Festival du cinéma américain de Deauville, qui se tiendra du 3 au 16 septembre prochain, s’apprête à célébrer les séries TV. Depuis quelques décennies, la fiction audiovisuelle, traditionnellement jugée moins noble que le cinéma, connaît un succès fulgurant. Aujourd'hui, même les écrivains lui font les yeux doux. Décryptage.
La frontière entre petit et grand écran rétrécit au fil des ans. Les sitcoms sont suivies par des millions de téléspectateurs et génèrent des recettes pharaoniques. Même les stars hollywoodiennes n’hésitent plus à passer d’un genre à l’autre. Tant et si bien que le Festival du cinéma américain de Deauville a décidé de faire la part belle aux séries télévisées.
Car il n’y a pas que l’univers du cinéma qui flirte avec les séries télévisées. La littérature et la télévision sont aussi très liées. De nombreuses séries TV s’inspirent d’œuvres littéraires. Parmi les plus connues : Agata Christie et son Hercule Poirot, Georges Simenon et son inspecteur Maigret interprété par Bruno Cremer (voir l’actualité), le Nestor Burma de Léo Malet incarné par Guy Marchand… Plus récemment, les enquêtes du commissaire Brunetti de Donna Leon (voir l’actualité) ont aussi été mises en boite. Aux Etats-Unis, le pilote de la sanguinolente série «Dexter» trouve son origine dans un livre de Jeff Lindsay, Ce cher Dexter. Enfin, des rumeurs circulent sur une possible adaptation de La Firme, le polar de John Grisham, en version TV.
Mais la relation littérature-série TV ne fonctionne pas que dans un sens. Certains livres prennent l’allure d’épisodes et de feuilletons inspirés du petit écran. L’écrivain Vincent Ravalec affirme s’être inspiré du modèle des séries TV pour écrire la suite de Cantique de la Racaille (voir l’actualité). «Certaines séries s’apparentent à des chefs d’œuvre littéraires» explique-t-il. Sous forme de mini-épisodes qui tiennent le lecteur en haleine, Vincent Ravalec enchaine les situations rocambolesques pleines de rebondissements à la manière des feuilletons télévisés. (Voir la vidéo).
Le numérique contribue aussi à faire émerger cette nouvelle forme d’écriture. William Rejault a rédigé avec Laurent Latorre le premier roman interactif sur iPhone Le chemin qui menait vers vous. A l’image des romans-feuilletons du XIXème siècle, il met en ligne un nouveau chapitre toutes les semaines. William Rejault explique que l’écriture numérique se rapproche de celle d’un scénario de série. Elle est aussi plus rapide et plus visuelle que l’écriture traditionnelle.
Dans la même veine, l’écrivain Caryl Férey s’est laissé tenter par le polar numérique. Pendant la coupe du monde en Afrique du sud, la nouvelle coqueluche du roman noir français a déposé sur le site du Monde.Fr les «mini-textes» d’une histoire qui se passe à Cape Town. Au rythme d’un épisode par jour, Caryl Férey, a créé un roman ultramoderne, où chaque scène est illustrée par une photo et dans lequel le lecteur peut intervenir à sa guise.
Avec la multiplication des supports numériques, le roman/série devrait faire de plus en plus d’adeptes dans les années à venir. Une chose est sûre, plus de 60 ans après son invention, la série télévisée entre enfin dans la cour des grands!
















