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PPDA, plus intime que jamais dans "L'expression des sentiments"

23/11/2011

Malmené par ses pairs, accusé de toutes parts, Patrick Poivre d’Arvor a décidé de retourner dans les bras de sa mère, Madeleine-France Poivre d'Arvor, décédée le 16 juillet 2011, en publiant L'Expression des sentiments chez Stock.

 

Silence des sentiments

 

Dans ce récit sous forme d'hommage, le journaliste revient sur les souvenirs les plus marquants de son enfance mais aussi sur les traumatismes de sa vie et ses angoisses intimes. On apprend notamment le silence et la pudeur dans lesquels l’enfant "renfermé", constamment "dans la lune" a grandi, auprès d’une mère qui lui interdisait l’expression des sentiments et du chagrin, presque autant qu’elle se l’interdisait à elle même.  "T’a-t-elle déjà dit je t’aime ?", ose un jour lui demander son frère Olivier. "A vrai dire, je ne sais pas, peut être jamais, en effet", répond Patrick. "Sans doute ne nous a-t-elle jamais embrassés", réalise-t-il un mois après sa mort. 

 

Une mère "sublime"

 

Un manque affectif qui n’a pas empêché Patrick Poivre d’Arvor d’aimer sa mère, voire d’en être fou amoureux. Cette belle femme qu’il trouvait même "sublime" avec sa "chevelure en cascade, un nez de conquérante, des lèvres de star, quelque chose entre Rita Hayworth et Greta Garbo, pas moins".

 

Des pulsions suicidaires

 

On apprend aussi les angoisses terribles, suicidaires de Patrick Poivre d’Arvor et la consolation que représente sa mère, même après sa mort. "Parfois, j’aimerais les rejoindre", dit-il à propos des personnes qui comme sa fille ont eu, selon lui le "courage" de mettre fin à leur jour. "Et puis je me retiens au bord du gouffre parce que je pense à la peine des rares êtres qui tiennent à moi. Mais je me reproche cette indécision qui prendra fin quand je me sentirai diminué ou en survie". 

 

La seule à le défendre

 

Attaqué par ses confrères, et par ceux qui se disaient ses amis, Patrick Poivre d’Arvor raconte la difficulté et le soutien précieux de sa mère dans de telles épreuves. "La manière dont ma mère me défendit becs et ongles alors que je ne lui avais rien demandé, j’étais bien trop fier pour ça et j’affectais le mépris, m’offrit l’une des rares réjouissances d’un épisode où je me sentis trahi par beaucoup, et même par quelques proches. Je n’ai pas le souvenir de l’avoir vue aussi furieuse, même lorsque, trois ans plus tôt, on m’avait très élégamment montré la porte de sortie du journal télévisé et d’une chaîne que j’avais servie pendant plus de vingt ans". 

 

Lauren Malka

 

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