Portugal : le roman graphique de Cyril Pedrosa
10/10/2011
Le livre en quelques mots : Simon Muchat, dessinateur de BD en panne d’inspiration, décide de partir sur les traces de sa famille au Portugal. En savoir plus sur Portugal.
L'auteur en un clin d’œil : Depuis la publication de son premier album, Ring Circus, en 1998, Cyril Pedrosa est devenu l’une des valeurs sûres de la bande dessinée française. Il a remporté le prix des Essentiels à Angoulême en 2008. En savoir plus sur Cyril Pedrosa.
Pourquoi on aime : Une maison, une petite copine, un boulot qu’il aime, et même un peu de succès, Simon Muchat, la trentaine, aurait tout pour être heureux. Mais voilà, il n’a plus l’envie : alors que sa psychanalyse fait du sur place, il passe ses journées à procrastiner et à rêver de l’album idéal. Et si cette improbable invitation au festival de bande dessinée de Lisbonne était le signe qu’il attendait ? Et si la réponse à toutes ses questions se trouvait juste là, sous ses pieds, dans cette terre qui a vu naître son père ? Les souvenirs épars d’une vieille tante, le mariage d’une cousine perdue de vue, les photos jaunies et les rumeurs de village : voilà Simon lancé dans une grande quête identitaire, et avec lui Cyril Pedrosa. Car, en effet, l’auteur flirte avec l’autofiction et ne s’en cache pas. Mais au fond qu’importe. Quoiqu’un peu plus ensoleillé, le Portugal n’est qu’un décor comme un autre et la vraie question de l’album – celle des origines, de la transmission et de la famille – elle, est universelle. Si bien que, pris dans la prouesse graphique de ce petit bijou dont chacune des 264 pages est unique, le lecteur partage avec Simon la douce mélancolie des longues soirées d’été, la nostalgie des souvenirs d’enfance et l’angoisse des réunions de famille qui tournent mal.
La page à corner : Quand il atterrit à Lisbonne, Simon n’a plus mis les pieds au Portugal depuis plusieurs dizaines d’années. Quelques pas dans les rues bondées de la capitale et il retrouve ses souvenirs d’enfance, cette langue qu’il ne comprend pas, ces couleurs chaudes, toute une douceur de vivre à laquelle les aquarelles de Cyril Pedrosa donnent, comme par magie, corps (p.50).

Emma Aurange
















