«Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants» de Mathias Enard
09/11/2010
Mathias Enard reçoit le prix Goncourt des lycéens 2010 pour Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants. Ce roman poétique, inspiré de la vie du sculpteur Michel-Ange, se déroule dans la Constantinople du XVème siècle.
Pour son précédent livre, Zone, paru en 2008, Mathias Enard a reçu le prix Décembre et le prix Inter. Une histoire de 500 pages, écrite en une seule phrase, campée sur les rives de la Méditerranée. Avec Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants, c'est en Turquie, alors appelée Empire Ottoman, qu'il nous transporte. L'auteur, ancien pensionnaire de la Villa Médicis à Rome et aujourd’hui professeur d’arabe à Barcelone, associe dans son livre le charme de la Renaissance italienne aux mystères de Constantinople.
Le 13 mai 1506, Michelangelo Buonarroti débarque à Constantinople. Invité par le Sultan turc Bajazet pour dessiner un pont sur la Corne d’or, Michel-Ange découvre l'ancienne Byzance, future Istanbul. A cette époque, l'artiste n’a que 31 ans. Sa Pietà et son David ont déjà fait sa renommée.
Pour Michel-Ange, cette cité «ressemble à la Sérénissime, mais dans des proportions fabuleuses», une sorte de «Venise envahie par les sept collines et la puissance de Rome». Dans ce ville cosmopolite, bruyante et tourbillonnante, dont Mathias Enard fait une œuvre d’art à part entière, la culture musulmane s’érige sur les restes de la chrétienté. La ville balance entre l’est et l’ouest, à l’image de Michel-Ange qui hésite entre travailler pour Bajazet ou le pape ; qui oscille entre la tendresse de son ami turc Mesihi et le «souvenir brûlant d’une chanteuse éblouissante».
Cabales, complots, intrigue amoureuse, réflexion artistique, Mathias Enard imagine dans ce texte d'environ 150 pages, l’escapade de l’architecte aux portes de l’Europe. Michel-Ange y puisera son inspiration pour d’autres grands projets: la Chapelle Sixtine et le dôme de Saint-Pierre de Rome.
















