Nabokov et Garcia Marquez doivent être censurés selon l'Eglise russe
29/09/2011
Faut-il bannir les romans qui personnifient les plus grands vices ? N’autoriser que les lectures bien-pensantes et moralisatrice ? La Russie, vingt ans après la chute du communisme, se pose toujours la question en ces termes. Du moins est-ce le cas de l’Eglise orthodoxe - qui compte cent millions de fidèles selon ses déclarations - et qui a demandé hier aux autorités russes de juger le caractère pédophile et nuisible des romans de Vladimir Nabokov et de Gabriel Garcia Marquez.
Nabokov et Gabriel Garcia Marquez rendraient "les gens malheureux"
Reçu à l’antenne de la radio russe Ekho Moskvy, le père Vsevolod Chaplin, qui dirige les rapports entre l’Eglise et la société, a soutenu que des romans comme Lolita de Nabokov et Cent ans de Solitude de Marquez ne pouvaient être inscrits au programme des écoles, dans la mesure où ils "idéalisent des passions perverses qui rendent les gens malheureux".
Pour Mikhail Shvydkoi, un représentant du Kremlin en matière de coopération culturelle internationale, une telle censure nuirait à l’image de la Russie.
La censure : une histoire sans fin en Russie
Depuis quelques années, de nombreux spécialistes de la Russie, tels que Marie Mendras, alertent les lecteurs sur la persistance, voire le raffermissement, d’une censure médiatique et littéraire en Russie. Selon cette essayiste, en 2006, la moitié des journaux télévisés au moins étaient dédiés aux moindres faits et gestes du président Poutine. Aujourd'hui, seul Internet resterait libre, mais son influence serait limitée dans la mesure où il ne touchait, en 2009, que 27% des Russes.
L.M.
















