Moulinsart a encore frappé
31/01/2010
Caramba, encore raté ! Avec le retrait cette semaine des rayons de la Fnac des albums de la collection « Comment Hergé a créé… » de l’association BédéStory, la société Moulinsart fait encore parler d’elle.
La société Moulinsart s’en prendrait-elle à nouveau à la « tintinophilie » ? La fondation, qui gère le patrimoine du grand dessinateur belge disparu, est de plus en plus associée par les amateurs du petit reporter au Cerbère de l’univers d’Hergé. La dernière affaire en court ? Une lettre à la Fnac, provenant du conseil de la société et de Fanny Rodwell, ayant-droits du dessinateur, lui demandant expressément de ne plus vendre les albums sur Hergé édités par BédéStory, déjà poursuivi par Moulinsart pour contrefaçon. La réponse ne se fait pas attendre : un courrier interne, signé de Yanis Berrouka, responsable produit de la Fnac, exprime la décision de la direction d’en « retirer immédiatement la vente dans tous les magasins et sur le site Internet». BédéStory s’insurge : « Nous tenons à dénoncer avec force les méthodes commerciales scandaleuses utilisées par Moulinsart pour nous éliminer du marché sans le moindre jugement défavorable à notre encontre ; ainsi que l'attitude lamentable de la Fnac qui n'a pas daigné répondre à notre demande d'explication ». La Fnac s’explique : elle a pris ce principe de précaution pour éviter de se retrouver sur les bancs des accusés dans un procès versus Moulinsart.
Un cauchemar déjà vécu l’année dernière, quand la Fnac commercialisait les livres de Robert Garcia sur l’œuvre d’Hergé, dont Jules Verne et Hergé : d’un mythe à l’autre, Tintin au pays du polar, Tintin à Baker Street, Hergé, la bibliothèque imaginaire et Hergé et le 7ème Art (éditions McGuffin). Robert Garcia se croyait protégé par le droit de citation graphique, lorsqu’il reproduit dans son livre des extraits de l’œuvre originale, sans autorisation. Manque de chance, il s’en prend à une entreprise dirigée d’une main de fer par Nick Rodwell, impitoyable homme d’affaires britannique, qui n’hésite pas à s’attaquer à tous ceux qui diffusent la moindre petite mèche de Tintin sans autorisation ni respect de chartes très restrictives. Robert Garcia est condamné en mai dernier à quarante mille euros de dommages et intérêts.
Le patrimoine d’Hergé deviendrait-il sacré ? C'est ce que critiquent nombre de spécialistes d’Hergé, dont Pierre Assouline, un de ses biographes, sur son blog. Même si Nick Rodwell se transforme en Rastapopoulos, en plein festival d’Angoulême, le petit journaliste intrépide reste l’un des personnages-cultes de la bande-dessinée belge contemporaine.
















