Michel Houellebecq, un romancier de l'amour ? Edouard Launet s'interroge
19/10/2011
Pour son banquet littéraire baptisé De la jouissance en littérature. 50 leçons, le célèbre journaliste de Libération Edouard Launet nous sert un copieux menu rempli d'anecdotes croustillantes, et convie des personnalités aussi joyeuses que Victor Hugo, Marcel Proust, J.D. Salinger, George Bernard Shaw ou encore Mao Tsé-Toung pour aborder les réjouissances de la littérature. Une fête réussie, qui n'empêche pas à certains écrivains d'en prendre pour leur grade. C’est le cas de Michel Houellebecq dont la mélancolie perpétuelle dissimulerait, semble-t-il, un romantisme à double tranchant.
Exquises flatteries
C'est en tout cas ce que semble conclure Edouard Launet en revisitant La Possibilité d'une île de Michel Houellebecq à la lumière des commentaires adressés par l'ancien ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres à l'auteur et aux journalistes. "C’est un livre important et tragique (...), déclarait-il à l'auteur en 2005. Vous analysez avec une admirable acuité toutes les conséquences de l’âge". C'est un "romancier de l'amour", que le ministre aurait alors découvert, un poète de la "vérité douloureuse", un écrivain engagé et courageux, qui affronterait "tous les problème de notre temps tout en conservant (...) une puissance narrative"...
Pourquoi pas, concède Edouard Launet. Mais gare aux superlatifs. Soucieux de vérifier les propos qu'il rapporte, le journaliste se réfère alors aux extraits "romantiques" en question : "Houellebecq note en effet à la page 313 : « Je ne bandais même pas assez pour qu’elle puisse me mettre un préservatif ; dans ces conditions elle refusa de me sucer, et alors quoi ? Elle finit par me branler, son regard obstinément fixé sur un coin de la pièce ». Ressurgit, confirme alors Edouard Launet, dans ces phrases limpides l’éternel conflit entre le vertical et l’horizontal, le ferme et le flasque, la vie et la mort (...)". Et de conclure : "Si c'est pas de l'amour ça !"
















