Les derniers jours de Stefan Zweig
19/02/2010
Depuis sa sortie chez Flammarion le 6 janvier dernier, Les derniers jours de Stefan Zweig, roman biographique signée Laurent Seksik, cartonne en librairie. Le livre se place toujours en quinzième position au classement Ipsos/Livres Hebdo des meilleures ventes romans pour la première semaine de février. Presque soixante dix ans après son suicide, le destin de Stefan Zweig continue de passionner. Décryptage.
Mois après mois, Laurent Seksik fait le récit d’une descente aux enfers, celle de Stefan Zweig et de Lotte, sa jeune épouse. L’histoire débute le 27 août 1941. Le couple Zweig débarque du bateau « l’Uruguay », soulagé et heureux d’avoir quitté New York pour Pétropolis, ville germanique perdue dans la jungle brésilienne. Mais, ce qui devrait être un havre de paix n’est en réalité qu’une prison dorée pour le couple. Le 22 février 1942, Stefan et Lotte mettent fin à leurs jours en avalant, chacun, le contenu d’une fiole de Véronal. Comment un des plus grands humanistes du XXème siècle en est-il arrivé au suicide ? Le destin tragique de Stefan Zweig reste un mystère. Un mystère qui ne pouvait qu’inspirer Laurent Seksik et passionner les lecteurs.
Si les lecteurs découvrent pour la première fois l’intimité de Zweig, son œuvre n’a plus de mystère pour eux. Depuis quelques années, le phénomène Zweig persiste. L’auteur autrichien connaît un regain de popularité qui le place en tête des meilleures ventes pour l’année 2009. Lettre d’une inconnue, le best-seller de l’année 1927, a été la deuxième meilleure vente de l’année pour les éditions Stock. Dans la collection Livre de Poche, un million d’exemplaires du Joueur d’échec ont été vendus. Pour Grégoire Orsingher, conseiller à la Librairie Tropiques (Paris 14ème), « la réussite de Zweig c’est d’avoir su décortiquer l’âme humaine, toucher des sentiments universels ». Malgré une écriture classique et un style hérité du romantisme allemand, les nouvelles de Zweig continuent de séduire les lecteurs.
S’attaquant à un mythe de la littérature, Laurent Seksik, écrivain certes mais aussi médecin, fait de Zweig son patient. Patient dont il a étudié minutieusement les correspondances, les journaux, les articles et les livres afin de ne pas en dénaturer la pensée. Mais patient dont il est aussi un fervent admirateur. Jean-Philippe Rossignol, son éditeur, nous confie que « Laurent Seksik est un passionné de l’auteur autrichien », collectionnant éditions rares et autographes. Les derniers jours de Stefan Zweig est donc le livre d’un passionné, voilà sans doute la clé de son succès.
Au fil des pages, Seksik fait entrer le lecteur dans l’univers de Zweig et parvient à faire la lumière sur les raisons qui ont poussé l’écrivain au suicide. Le mythe devient un homme. Un homme qui a préféré la mort au triste spectacle de l’Allemagne nazie. Un homme nostalgique de ce qu’il appelait lui-même « le monde d’hier ».
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