Les animaux ont la parole
08/02/2010
Les Anglais disent stop. Stop aux témoignages tire-larme qu’on trouve en librairie sur la condition des SDF, des cancéreux ou des victimes de Madoff. Ils veulent de la tendresse… et se ruent sur les biographies d’animaux qui cartonnent outre-manche et aux Etats-Unis.
La nouvelle a fait presque le tour du monde : Casper, un chat malin qui prenait le bus tous les jours dans les environs de Plymouth est mort le mois dernier dans un accident de la route. Sa maîtresse a reçu des messages de condoléances de toute l’Angleterre et même d’Australie. Mais ce n’est pas tout, les éditions Simon & Schuster, flairant le succès, ont acheté les droits de cette histoire animalière.
Il leur manque la parole, et pourtant les biographies d’animaux cartonnent chez les anglo-saxons. Les aventures du chat Dewey se sont vendues l’année dernière à 100 000 exemplaires, celles d’un petit labrador nommé Endal à 50 000 exemplaires, celles du chien Marley (Marley et moi, Lattès) 110 000 exemplaires. Des chiffres qui ringardisent les biographies de people et les « misery memoirs », ces témoignages sur la pauvreté, la misère et la maladie, dont les lecteurs sont lassés. « La dernière chose que les gens ont envie de faire aujourd’hui, c’est de se plonger dans la misère des autres », dit Graeme Neill reporter au Bookseller. Ouf, il reste les animaux domestiques pour sauver le marché de la biographie.





















