Les 150 ans de Tchékhov
01/02/2010
A l’occasion de ce cent-cinquantième anniversaire, la rédaction de Myboox a interviewé Virgil Tanase, auteur de Tchekhov (Gallimard).
Qu’est-ce qui fascine chez cet auteur toujours vivant cent ans après sa mort ?
Il est de ceux qui permettent de se constituer en tant qu’hommes. Il aide à vivre sa propre vie, et non les ersatz que leur propose la culture de divertissement, ces vies en kit déjà vécues qu’il faut assembler selon la notice du fabricant.
Selon vous quelles œuvres de Tchekhov parlent en particulier aux lecteurs d’aujourd’hui ?
J’hésiterais seulement à ressusciter, par une curiosité vulgaire, les œuvres que l’auteur lui-même a écartées, de son vivant : Platonov, Ivanov.
Qu’est-ce qu’il y a de moderne et de « visionnaire » chez Tchekhov ?
Justement parce qu’il n’y a rien de « visionnaire » dans ce qu’il écrit, parce qu’il n’a rien à nous dire, à nous enseigner, aucun message à délivrer, Tchekhov laisse le théâtre exister. Il laisse se manifester dans sa pureté un art qui ne veut pas nous faire la leçon, et dont la vocation est de nous mettre devant le miracle d’un comédien qui devient un personnage. Les personnages de Tchekhov offrent au comédien la chance rare de vivre pour de bon la vie d’un autre. Et la vie, simple et banale, est en elle-même suffisamment miraculeuse et extraordinaire pour nous émouvoir, bien davantage que nos idées toujours provisoires, toujours incertaines.
















