Le testament d'un provocateur
11/01/2010
Jacques Chessex a écrit sur l'agonie d'un homme - le marquis de Sade - peut avant sa propre mort. Mais la gravité n'est pas toujours là où où l'attend. En Suisse, Le dernier crâne de M. de Sade (Grasset) est vendu sous cellophane avec la mention "réservé aux adultes"... il y a de quoi rire. Le marquis de Sade croqué par Chessex n'aurait pas rêvé meilleure publicité.
Disponible dans les librairies françaises depuis mercredi dernier, tiré à 25 000 exemplaires, le roman posthume du Prix Goncourt 1973, reprend des thèmes chers à l’écrivain suisse : Dieu, les femmes, la folie et la mort. C’est le récit de la mort lente d’un vieillard de 74 ans, hôte privilégié de l’hospice de Charenton où il est enfermé avec les fous pendant onze ans. Chessex nous raconte les six derniers mois de Donatien Alphonse François, marquis de Sade. Ses coups de folie, ses maladies, ses frénésies. Le romancier ne nous épargne aucun détail sordide sur la santé du grabataire, ses ébats avec une apprentie repasseuse de quinze ans. Enfin, il retrace les différents voyages du crâne de Sade, relique maudite et légendaire.
L'écrivain suisse a écrit ce livre à 74 ans, peu avant de mourir. « La conduite d’un homme avant sa mort a quelque chose d’un dessin au trait aggravé. Il y acquiert un timbre à la fois plus mystérieux, et plus explicite que son destin », dit-il dans une phrase qui lie profondément les deux écrivains.
Image : JeanLausanne, Creative Commons Attribution ShareAlike 3.0
















