"La tête en arrière" de Violaine Schwartz
06/10/2010
Comédienne et chanteuse formée à l’école du Théâtre National de Strasbourg, Violaine Schwartz a travaillé notamment sous la direction de Jacques Lassalle et Pierre Ascaride. La tête en arrière, en lice pour le prix Femina, est le premier roman de Violaine Schwartz.
Ce pavillon de banlieue dans lequel emménage cette famille avait tout pour devenir la maison du bonheur. Il sera bien au contraire le théâtre d’une descente aux enfers. Mené avec un rythme à la fois saccadé et frénétique, La tête en arrière retrace sans fioritures la dégénérescence de la santé mentale d’une mère de famille.
Chanteuse lyrique au chômage préparant un hypothétique rôle dans une pièce de Cocteau, elle s’enferme rapidement dans sa folie et se coupe des autres. Ce monologue écrit à la deuxième personne place le lecteur dans les pensées déchainées de cette femme. Le prix du yaourt, les multiples répétitions avortées, l’extermination d’un nid de pucerons, tout est passé en revue, analysé, répété jusqu’à l’écœurement. Les voix dans sa tête ne se taisent pas, elles s’amplifient. «Ton cerveau n’est que pièces mortes, où stagnent pensées croupies, rêves à l’abandon, projets avortés : pièces mortes, tête morte, balayée de courants d’air, envahie d’herbes folles.»
Et comme si une souffrance ne suffisait pas, le couple en pleine déroute financière est forcé de se séparer. «Chéri» travaille à Marseille et ne rentrera pas tous les week-ends. Entre temps un locataire s’installe dans le sous-sol de la maison. Au début charmant et presque rassurant dans sa routine, ce policier gabonais en formation nourrira à son tour tous les fantasmes schizophréniques de la narratrice.
Si cette cantatrice en perdition ne retrouve ni sa voix, ni sa raison, c’est à bout de souffle que le lecteur referme ce livre.















