La justice belge refuse d’interdire la vente de "Tintin au Congo"
11/02/2012
Vendredi 10 février, la justice belge a donné raison aux éditions Casterman et refusé d’interdire la commercialisation de Tintin au Congo. Elle a en effet estimé non fondée l'action intentée par un Congolais qui jugeait l’œuvre d'Hergé raciste.
Depuis quatre ans, Bienvenu Mbutu Mondondo, ressortissant de la République démocratique du Congo, réclamait que l’album Tintin au Congo soit retiré de la vente, jugeant qu’il s’agissait d’une "BD raciste, qui fait l'apologie de la colonisation et de la supériorité de la race blanche sur la race noire".
Le tribunal de première instance de Bruxelles a finalement décidé de débouter sa demande, "ayant estimé que la loi belge contre le racisme ne peut s’appliquer que s’il y a une intention discriminatoire", a déclaré l'avocat du plaignant. Or, selon le tribunal, "vu le contexte de l'époque, Hergé ne pouvait pas être animé d'une telle volonté".
Dans un communiqué de presse paru samedi, le Cran (Conseil représentatif des associations noires) a déploré une telle décision de justice, estimant que Tintin au Congo, "l'un des albums les plus vendus de la série, véhicule comme chacun sait les clichés les plus racistes de l'époque coloniale". Des "dizaines de milliers d'enfants sont intoxiqués par les représentations odieuses de ces albums", a souligné le Cran.
Son Président, Louis-Georges Tin, n’a pas caché sa déception sur Twitter et a demandé aux éditions Casterman "d'ajouter à Tintin au Congo une préface qui resitue le racisme colonial dans son contexte de l'époque", comme c’est actuellement le cas dans son édition anglaise.
C.A.
















