"La ballade de Lila K" de Blandine Le Callet
01/09/2010
Après le succès d’Une pièce montée paru en 2006 et adapté au cinéma, l’écrivain revient avec un livre dans un genre totalement différent. Dans La ballade de Lila K, Blandine Le Callet se lance dans un roman d’anticipation.
En 2091, des émeutes éclatent dans la Zone, les bibliothèques sont en flamme, la résistance s’organise, les filières clandestines se multiplient tandis que les contrôles aux frontières sont de plus en plus fréquents. Cette année, Lila a deux ans et vit un calvaire qu’elle mettra plus de 20 ans à surmonter.
Séparée de sa mère à l’âge de 6 ans, Lila entame une lente rééducation dans un pensionnat disciplinaire. Réapprendre à manger, à parler, à marcher, à se sociabiliser… Dans ce monde où les moindres faits et gestes sont contrôlés par des caméras de surveillance, le directeur du Centre, Monsieur Koffmann est un marginal. Il prend Lila sous son aile, lui apprend à raisonner et surtout à faire semblant, à donner l’illusion d’être comme les autres.
Mais c’est bien là le problème, Lila ne ressemble à personne. Associable, elle est incapable de se frotter aux autres. Dotée d’une grande intelligence et d’une beauté sans pareille, Lila ne se balade pourtant jamais sans sa boite d’anxiolytiques et ses lunettes noires. Elle croise sur sa route des personnages plus étonnants les uns que les autres, parvient à retrouver les traces de sa mère et à comprendre ainsi, petit à petit, pourquoi elle a été arrachée à ses bras.
L’ écriture vive et enjouée de Blandine Le Callet contraste avec le monde étrange, totalitaire et futuriste qu’elle a inventé. Un univers dans lequel il est impossible de décider de quoi que ce soit, où il faut une autorisation du ministère pour avoir un enfant et où les injections de botox sont obligatoires dès l’âge de 30 ans.
L’écrivain projette le lecteur dans un futur proche où les livres sont mis en quarantaine. Le papier imprimé, jugé toxique, ne doit être manié qu’avec des gants. Toute demande de consultation doit obtenir l'aval du Ministère. Si bien que le livre, objet banni, a été remplacé par la tablette numérique appelée «Grammabook». Tous les individus en possèdent un. Et tous les individus sont localisés et fichés grâce à cet outil technologique contenant toutes les données sur la vie privée…
Un scénario qui fait froid dans le dos et qui ne manquera pas d’alimenter les peurs sur la numérisation à outrance. Pour l’instant, le livre de Blandine Le Callet est bien disponible en «chair et en os» aux éditions Stock!

















