L’Adieu à Rohmer
12/01/2010
L’auteur et réalisateur Eric Rohmer s’est éteint hier matin à l’âge de quatre-vingt-neuf ans. Il laisse derrière lui vingt-quatre longs métrages dont Ma nuit chez Maud et Pauline à la plage et... plusieurs textes.
Cinéaste de l’amour, du sentiment et de l’émotion, peu savent qu'il a fait ses débuts dans la vie comme professeur de lettres... et écrivain. En 1946, l'ancien khâgneux publie son premier roman La maison d’Elisabeth (Gallimard) sous le pseudonyme de Gilbert Cordier. Le texte, écrit pendant l'occupation, passe inaperçu. Il reste toutefois le symbole d'un artiste qui faisait de la littérature avec une caméra.
Devenu en 1957 rédacteur en chef des Cahiers du Cinéma, il avait avec Jean-Luc Godard, François Truffaut et Jacques Rivette, initié le mouvement de la Nouvelle Vague. Se consacrant au cinéma, il n’avait jamais pour autant oublié sa passion : la littérature et les mots. Ses films personnels et poétiques dont il écrivait seul les scénarios, prenaient pour source d’inspiration les grands auteurs, tel Musset et Rimbaud. De Perceval le Gallois, adaptation du roman de Chrétien de Troyes et récompensé du Prix Méliès 1978, à son dernier film, Les amours d’Astrée et Céladon, en 2007, inspiré d’Honoré d’Urfé, Rohmer se jouait de la frontière entre l’image et les mots pour instaurer un dialogue entre les arts.
Son œuvre, immense, lui vaut aujourd’hui un hommage unanime. Eric Rohmer avait lancé la carrière de nombreux acteurs comme Arielle Dombasle ou Fabrice Luchini qui lui rend aujourd’hui hommage : "Le génie de Rohmer, c'est d'érotiser le dialogue. C'est un homme de littérature qui a pensé que la littérature ne s'opposait pas au cinéma".















