Joe Sacco, journaliste graphique
08/01/2010
Dans le monde du journalisme graphique, Joe Sacco est une référence. Normal, puisqu’il en est l’inventeur. L’histoire commence fin 1991, en Israël. Joe Sacco, journaliste new-yorkais et dessinateur de bande-dessinée, y passe deux mois, visitant les territoires occupés, et souhaitant témoigner de ce qu’il y voit. En rentrant à Portland en 1992, il décide d’utiliser la bande-dessinée comme le média d’expression de ses investigations journalistiques sur des situations complexes, où l’émotion se mêle à la politique. Le journalisme graphique est né.
Les deux tomes de Palestine (Vertige Graphic), Une nation occupée et Dans la bande de Gaza, paraissent en France en 1996. Plus tard, d’autres missions à La Hague, où il assiste aux procès des crimes de guerre commis en Bosnie en 1998, puis son exploration d’une petite enclave musulmane de Serbie, lui inspireront Gorazde : La guerre en Bosnie orientale 1993-1995, Soba : une histoire de Bosnie, The fixer. Une histoire de Sarajevo et Derniers jours de guerre : Bosnie 1995-1996 (Rackham).
L’idée de son dernier roman graphique-reportage, Gaza 1956. En marge de l’histoire (Futuropolis), lui est venue en réalisant un reportage pour le magazine Harper’s en 2001. Joe Sacco se remémore une note de bas de page trouvée dans un rapport de l’ONU : elle y faisait mention du massacre dans la bande de Gaza de près de 275 civils à Khan Younis et d’une dizaine d’autres à Rafah, ville voisine, en 1956. Le journaliste mène l’enquête, entre novembre 2002 et mai 2003, pour aboutir à un livre de plus de quatre-cent pages.
Le travail de Joe Sacco fait aujourd’hui faire des émules, avec en France les œuvres d’Etienne Davodeau, de Philippe Squarzoni et de Guy Delisle. Mais Joe Sacco reste le maître incontournable du genre, prouvant aujourd’hui encore avec Gaza 1956. En marge de l’histoire, que trouver des solutions à un conflit passe aussi par la connaissance du passé.
















