Hugo Cabret

Hugo Cabret : l’invention d’un genre hybride

14/12/2011

Mêlant texte et séquences dessinées, L’invention de Hugo Cabret plonge le lecteur dans l’univers magique de Georges Méliès, considéré comme le père des effets spéciaux.

 

L’auteur en un clin d’œil : Né en 1966 dans le New-Jersay, Brian Selznick a été récompensé à plusieurs reprises pour son travail d’auteur illustrateur jeunesse. En savoir plus sur Brian Selznick.

 

 

Pourquoi on aime ce livre : Quelques dessins et le décor est planté. L’histoire, destinée aux enfants dès 9 ans, se déroule dans le Paris des années 30 et met en scène les aventures d’un orphelin qui poursuit le travail de son père : la réparation d’un mystérieux automate. Obstiné et débrouillard, ce garçon à la vie trop différente de celle des autres enfants met tellement de cœur à l’ouvrage qu’il n’a pas conscience de sa profonde solitude. Il en devient touchant quand il s’abandonne enfin à l’amitié avec Isabelle, la petite-fille du marchand de jouets pour qui il travaille et dont il guette malgré lui le moindre signe d’affection.

 

Dès les premières pages, Brian Selznick surprend. Car l’inventeur, c’est finalement lui. En insérant au cœur de son roman des séquences illustrées qui prennent le relais du texte, il déroge aux procédés classiques de narration pour offrir au lecteur une nouvelle forme de récit, parfois très cinématographique. Les doubles pages crayonnées se succèdent comme les plans d’un film. Avec elles, l’auteur illustrateur décompose certaines actions, montre ce que voit son héros, détaille l’expression d’un visage… Elles permettent également d’alléger la lecture et de la rendre plus ludique.

 

Au-delà de l’intrigue elle-même, le livre rappelle à la jeune génération la révolution qu’a provoqué l’invention du cinéma, grâce auquel les hommes ont soudainement pu « voir un rêve en plein jour », selon les mots du père d’Hugo. En toile de fond, comme un fil rouge, l’œuvre du réalisateur français Georges Méliès, notamment son fameux Voyage dans la Lune.

 

C’est d’ailleurs à l’occasion de son adaptation pour le cinéma que Bayard Jeunesse a réédité ce roman en format souple. Réalisé par Martin Scorsese, le film est à l’affiche ce 14 décembre 2011. 

 

 

La page à corner : Page 416 commence une séquence illustrée d’une trentaine de pages, alors qu’Hugo vient d’échapper à l’inspecteur après son arrestation pour vol. Minutieusement reproduite, elle donne l’impression de se dérouler sous les yeux du lecteur, témoin impuissant de cette course qui déterminera l’avenir du garçon. Ces insertions "cinématographiques" régulières font de cet ouvrage un objet littéraire atypique et enchanteur.

 

Virginie Gruenenberger

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