Haenel-Lanzmann, histoire d'une dispute
26/01/2010
Le torchon brûle entre Yannick Haenel et Claude Lanzmann au sujet du résistant polonais Jan Karski. Le premier lui a consacré un livre cet automne, que le second conspue dans la presse. On a compté les points.
Les accusations
Dans un long réquisitoire (6 pages) publié la semaine dernière dans Marianne Claude Lanzmann accuse Yannick Haenel d’avoir parasité les propos qu'a tenus Jan Karski dans Shoah. Il ajoute que « le mot plagiat conviendrait aussi bien ». De plus, Lanzmann reproche à Haenel son immaturité, ses « paraphrases », et enfin, la « falsification de l'histoire et de ses protagonistes ».
Yannick Haenel a riposté de façon musclée dans le Monde daté du 26 janvier. Il s’interroge sur la coïncidence entre l’attaque de Lanzmann et la rediffusion sur Arte de Shoah... Ne serait-ce pas un moyen de se faire un peu de pub gratos ?
Jan Karski
En 1942, Jan Karski est chargé par la résistance juive de transmettre au monde un message terrible : l'extermination des juifs par les nazis. Pour son film Shoah, Claude Lanzmann a rencontré le vrai Jan Karski. Selon Yannick Haenel, cela ne lui donne aucun droit sur la figure du résistant.
Peu de documents existent sur Karski. Yannick Haenel, plutôt que d’épouser la vérité biographique, en a fait un héros de roman en puisant dans son imagination. Haenel connaît donc Karski mieux que sa poche, puisqu’il l’a inventé.
Les soutiens
Le livre de Yannick Haenel a connu un vif succès cet automne, auprès du public et de la critique. Récompensé par le prix Intérallié, Jan Karski (Gallimard) a les soutiens de son éditeur, Philippe Sollers.
Claude Lanzmann n’est pas en reste, car Arte diffusera en mars prochain un documentaire : Le rapport Karski, dans lequel il compte bien faire éclater sa vérité.

















