Frédéric Mitterrand publie Le Désir et la chance

Frédéric Mitterrand a renoncé à toute vie privée

19/01/2012

Avec la franchise et la vulnérabilité qu’on lui connaît, Frédéric Mitterrand évoque, dans son récit à paraître le 23 janvier 2012 sur son action rue de Valois, Le Désir et la chance(Robert Laffont), les questions très personnelles qui ont lié ou opposé sa vie privée et et sa carrière ces dernières années. 

 

La vie privée est-elle soluble dans le grand bain politique ? Comment gérer un agenda de ministre et une vie de couple ? Pire, comment concilier pouvoir et "sex-appeal", puisque la légende raconte que l'un ne va pas sans l'autre ?

 

De l'affaire Polanski à l'affaire Mitterrand

 

Dans ce livre de bilans et de confidences, Frédéric Mitterrand revient notamment sur l’Affaire Polanski et raconte la violence avec laquelle ses contemporains se sont acharnés contre lui à l’époque où elle devint, par l'entremise de Marine le Pen, "l’affaire Mitterrand". Solidaire envers un "véritable génie de la création artistique", choqué par la brutalité de la justice américaine, Frédéric Mitterrand se vit à l’époque accusé, par la présidente du Front national puis par les médias et une partie de la classe politique, de mener un combat pour la défense du "délinquant pédophile" Polanski "dans la droite ligne du livre (qu’il avait) publié quatre ans plus tôt, La Mauvaise vie, et dont l’un des chapitres décrivait sans fard une série d’aventures dans les nuits de Bangkok".

 

"Une profonde meurtrissure"

 

Loin d’oublier les soutiens chaleureux qu’il reçut – notamment celui du premier Ministre et du Président – Frédéric Mitterrand n’hésite pas à informer le commun des mortels de la difficulté et de l’impact politique d’une telle épreuve, devenue un "baptême du feu" presque ordinaire dans toute vie publique. "C’est ainsi que blessé au plus profond d’une meurtrissure qui mit un certain temps à se cicatriser, et enveloppé d’un voile destiné à m’éviter tout sursaut d’attaques malveillantes, je suis resté trop longtemps silencieux, quand bien même je continuais à vouloir mener pleinement mon action dans tous les domaines avec beaucoup de volontarisme"

 

Frédéric Mitterrand renonce à "ses diableries d'avant"

 

Frédéric Mitterrand a tiré des enseignements de cette épreuve, parmi lesquels la décision de ne plus exprimer ses émotions en public. De là à se priver d’en vivre, il n’y a qu’un pas. C’est là toute l’interrogation sur laquelle se clôt ce livre de confidences. "Evidemment, toute vie privée est à peu près impossible, se résigne-t-il. Je dois dire que le côté aphrodisiaque et la capacité de séduction que l’on prête au pouvoir et que l’on évoque parfois devant moi, avec le sourire aux lèvres et les yeux brillants, demeurent pour moi un mystère  (…) faute de temps et de disponibilité, je ne vois pas comment je m’y prendrais s’il m’arrivait de rompre l’engagement que je me suis fait à moi même et de m’abandonner à quelques diableries de ma vie d’avant (…) Je transcende sans peine les quelques flashes qu’il m’arrive de ressentir inopinément et que je garde jalousement contre moi".

 

Saltimbanque, à la vie à la mort

 

Avant d'achever ce récit, Frédéric Mitterrand confie que, tout de même, c’est avec une certaine "envie" qu’il  observe "les autres ministre dont la vie sentimentale est plus classique ou plus ordonnée et qui peuvent s’appuyer sur un lien affectif solide". Le plus imprévisible de nos ministres serait-il à deux doigts de se ranger ? Sûrement pas. Et, comme il l’explique en conclusion de son livre, inutile de s’inquiéter quant à la suite des événements ou de se mettre à échafauder des plans de carrière. "Je ne redoute vraiment pas le temps d’après (…) et, rassure-t-il, je crois que je n’aurai pas trop de mal à redevenir le saltimbanque que j’étais auparavant".    

 
Lauren Malka
 
 

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